Dernière modification : 08/01/2008
Vers un espace Schengen élargi
La sécurité aux frontières des dix nouveaux Etats membres a été jugée positive. L'élargissement de l'espace sans frontières européen devrait donc être effectif d'ici début 2008.
BRUXELLES, 5 déc 2006 - Les nouveaux Etats membres de l'UE ont obtenu mardi d'intégrer l'espace Schengen sans contrôle aux frontières entre décembre 2007 et mars 2008, une de leurs principales revendications depuis leur adhésion à l'Union en 2004.
Si toutes les conditions de sécurité sont remplies, les contrôles aux frontières terrestres seront levés le 31 décembre 2007 et ceux dans les aéroports fin mars 2008 pour neuf Etats membres entrés dans l'UE en 2004 (huit pays d'Europe centrale et Malte), ainsi que la Suisse, selon le nouveau calendrier adopté mardi par les ministres de l'Intérieur de l'UE.
Ils rejoindront ainsi dans l'espace Schengen 13 "anciens" pays de l'UE, ainsi que la Norvège et l'Islande. Le Royaume-Uni, l'Irlande et Chypre restent pour l'instant à l'écart.
"Cette décision signifie que l'Europe ne restera pas divisée entre deux catégories de citoyens. Nous allons partager non seulement des devoirs mais aussi des libertés", s'est félicité le ministre tchèque Ivan Langer, soulagé que la date d'octobre 2007 initialement visée n'ait été que légèrement repoussée.
L'élargissement de l'espace Schengen menaçait d'attendre 2009 du fait de multiples retards dans la création de la base informatique de données policières accompagnant l'opération.
En compensation de l'abolition des contrôles aux frontières internes en 1995, les Etats Schengen avaient en effet mis en place un système d'information (SIS) qui permet à leurs services de sécurité de disposer de données sur les personnes, objets ou véhicules recherchés.
Composé d'une structure centrale à Strasbourg et d'une extension nationale dans chaque Etat, le système, qui détient déjà 17 millions de données, permet d'indiquer à un simple policier la procédure à suivre (par exemple l'arrestation) lors du contrôle d'un individu.
En prévision de l'élargissement de Schengen, l'UE avait décidé de lancer le SIS II, un projet technologiquement ambitieux incluant notamment le stockage de données biométriques (comme les empreintes digitales).
Mais ce projet a connu de nombreuses infortunes (annulations d'appels d'offres, sous-estimation des difficultés techniques et juridiques, etc.) et ne sera opérationnel au mieux qu'en décembre 2008, au lieu de mars 2007.
Un retard inacceptable pour les Etats membres issus de l'ex-bloc communiste, qui ont fait de la liberté de circulation une priorité politique et économique et ont crié au complot des anciens Etats membres, dont certains étaient déjà dans leur collimateur pour avoir mis des restrictions à la libre circulation des travailleurs.
Face à cette pression, les ministres ont choisi mardi d'élargir temporairement le SIS actuel aux nouveaux venus en attendant la mise en place de sa version plus sophistiquée.
La décision finale d'entrée dans l'espace Schengen sera prise en novembre 2007, sous la double condition du bon fonctionnement du SIS élargi et d'une évaluation positive de la sécurité aux frontières extérieures des nouveaux Etats membres.
Ces dernières, qui ont fait l'objet de quelque 60 missions d'inspection en 2006, ne semblent pas poser de problème majeur même si des visites complémentaires seront nécessaires en 2007, notamment en Slovaquie et en Pologne sur les frontières avec l'Ukraine et le Belarus.
La levée des contrôles dans les aéroports n'aura lieu qu'en mars 2008 car la séparation dans les aérogares entre les voyageurs circulant au sein de Schengen et ceux provenant de l'extérieur ne peut intervenir qu'en mars ou en octobre, en même temps que les changements d'horaires des compagnies aériennes.






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