Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne envisagent d'imposer une interdiction de survol au Darfour, la région du Soudan en proie à la guerre civile, si Khartoum n'y autorise pas le déploiement d'une force internationale de l'ONU, a indiqué mercredi le département d'Etat.
"Le Premier ministre (britannique Tony) Blair en a évoqué l'idée" lorsqu'il a rencontré le président George W. Bush la semaine dernière à la Maison Blanche, a déclaré Sean McCormack, le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères.
La création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus du Darfour aurait pour objectif de mettre un terme à l'utilisation d'avions et d'hélicoptères soudanais pour soutenir des attaques contre des civils au Darfour.
"Le président (Bush) va étudier les options nécessaires pour répondre à la situation là-bas, qui est grave", a ajouté M. McCormack, après des informations du quotidien Financial Times sur une possible action de force dans la région. Cette étude est motivée par le fait que l'action diplomatique fait du sur-place et que la violence redouble dans la région, a-t-il précisé.
Le Financial Times avait affirmé plus tôt que Tony Blair avait exhorté les Etats-Unis à prendre des mesures coercitives contre Khartoum et que l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne et un blocus naval figuraient au rang des options.
"Nos efforts sont actuellement concentrés sur les moyens diplomatiques", a toutefois précisé le porte-parole américain, jugeant prématuré de dire qu'une action militaire est en cours de planification.
"Mais si cela ne fonctionne pas, il est évident que le président et d'autres dirigeants dans le monde vont devoir envisager ce qu'on peut faire d'autre pour atteindre les objectifs que nous partageons tous", a-t-il souligné. "La violence doit cesser et la situation humanitaire doit être traitée", a-t-il dit.
A Khartoum, l'émissaire américain Andrew Natsios a estimé, après un entretien avec le président soudanais Omar el-Béchir, que le Soudan et les Etats-Unis étaient d'accord sur la nécessité de mesures pour améliorer la sécurité sur le terrain au sud Soudan et au Darfour. Il a toutefois ajouté qu'aucun progrès n'avait été enregistré sur le déploiement d'une force internationale de 20.000 soldats au Darfour.
Le Darfour est en guerre civile depuis près de quatre ans, un conflit qui a fait avec ses conséquences 200.000 victimes et 2 millions de déplacés, selon l'ONU, des chiffres contestés par le Soudan.






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