Dernière modification : 19/02/2008
- Cuba
Fidel Castro, l'omniprésent
Plus de quarante ans de règne, un état de santé fragile, une succession incertaine et pourtant, Fidel Castro reste le maître incontesté de l'île de Cuba.
Le 2 décembre 2006, les Cubains ont fêté le 80ème anniversaire du Commandante. Sans lui. Les apparitions publiques du Lider Maximo sont rares depuis son hospitalisation l’été précédent et sa santé a été classée '' secret d’Etat ''. Pourtant, même absent, Fidel est présent dans l’esprit des Cubains et dans leur quotidien.
Un nom, une figure, indissociable de la révolution cubaine. Car celui que l’on nomme aujourd’hui encore dans les rues de la Havane El Commandante, s’est évertué, pendant près d’un demi-siècle, à bâtir sa légende. Compagnon d’armes du Che Guevara, rallié à l’URSS pendant la guerre froide, Castro survit à la chute du bloc communiste et est incontestablement perçu comme un homme qui a marqué son siècle.
A la tête de Cuba depuis 1959, Castro est l'un des chefs d'Etat qui détient des records de longévité au pouvoir.
Bête noire des Etats-Unis, Fidel le ''guérillero'' renverse le gouvernement pro-américain du général Batista et défie Washington en installant un régime socialiste révolutionnaire pro-soviétique aux portes de la Floride.
La CIA le diabolise en Lider Maximo pour mieux le discréditer, mais après l’échec cinglant du débarquement de la Baie des cochons en 1961 et la tension suscitée par la crise des fusées, Castro s’impose sur la scène politique internationale. Il tutoie Khrouchtchev, se fait le chantre des Non-alignés, et s’accroche au pouvoir.
L’isolement, l’embargo décrété par les Etats-Unis dès 1962, les tentatives d’assassinats, rien n’y fait. Les services de sécurité cubains affirment avoir déjoué plus de 600 tentatives de la CIA avec le soutien de dissidents cubains exilés à Miami. En dirigeant Cuba d'une main de fer, Castro s'est fait des ennemis. Et ses opposants, prêts à tout, auraient fait preuve d'une imagination débordante : empoisonnement de fruit de mer, cigare piégés, médicaments surdosés.
Mais Castro, indétrônable, peut se targuer d’avoir vu défiler dix présidents américains sans jamais devoir remettre en cause son régime dictatorial. Son règne de plus de quarante ans s'explique en grande partie par une forte répression et un contrôle strict de la presse. Sur la fin de sa vie, pragmatique, il profite de la venue de Jean Paul II, la première visite officielle d'un pape sur l'île, pour asseoir son pouvoir devenu vacillant.
Homme de pouvoir, Castro soigne son image et ses apparitions publiques. Immuablement dressé dans son éternel uniforme vert olive, il se plonge dans d’interminables discours, qui durent parfois jusqu’à sept heures.
Malade, affaibli, il passe le relais provisoirement et pour la première fois de sa vie, à son frère Raul le 31 juillet 2006 mais, demeure même malade, le maître incontesté de Cuba.


























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