Dernière modification : 19/02/2008 

Le castrisme sans Castro ?
Le castrisme sans Castro ?
Hospitalisé à l'été 2006, Fidel Castro a ''provisoirement'' remis les rênes du pouvoir à son frère Raul. Mais, l'avenir politique de l'île reste en suspens.
Le temps est compté à Cuba depuis l’hospitalisation du leader communiste, en juillet 2006. Agé de 80 ans, Fidel Castro doit assurer une succession et une transition politique durable à Cuba. Dans un contexte de mutation économique et de conflit générationnel, le dictateur cubain veut préserver son héritage révolutionnaire.
''Tout changer pour que rien ne change'', cette idée résume la politique cubaine. L’habilité du castrisme réside dans sa capacité à s’emparer des changements pour perpétuer le régime. Cependant le mauvais état de santé de Fidel Castro a précipité la mutation politique actuelle. Avec un successeur de 75 ans, son frère Raùl et une ferveur castriste en déclin chez la jeune génération, la relève durable ''del Comandante'' n’est pas assurée. Pourtant, 70% des cubains n’ont jamais connu d’autre dirigeant à la tête du pays.
 
Plusieurs scénarios post-Castro sont envisagés. D’un côté, les dirigeants Cubains assurent que le système politique va demeurer inchangé, grâce à la solidité des institutions et à l’expérience de Raùl Castro, successeur désigné et compagnon d’armes de son frère Fidel depuis 1953. De l’autre côté, les dissidents exilés à Miami affirment qu’un renversement du régime est imminent. Les opposants cubains voudront saisir leur chance et modifier le régime.
 
Mais la nature de cette transition dépendra autant des forces politiques internes que des pressions externes. L’après Fidel Castro est au cœur des préoccupations internationales. L’administration Bush suit de près l’évolution de la situation à Cuba et l’état de santé du Leader Maximo. En 2005, les Etats-Unis ont nommé un ''coordinateur chargé d’accompagner la transition cubaine''. L’objectif est de promouvoir la démocratie sur l’île, condition sine qua none pour mettre fin à l’embargo économique américain sur Cuba. L’administration Bush prévoit de donner à Cuba une allocation de 80 millions de dollars d’aide au processus démocratique pour l’année 2007-2008.
 
A l’inverse au Sommet des non-alignés, qui s’est tenu à La Havane en septembre dernier, les 118 pays membres, dont le Venezuela, l’Iran et la Bolivie, ont réaffirmé leur soutien à Cuba en condamnant la politique états-unienne.
 
 
Alliances stratégiques
 
Le sommet des non-alignés constitue un rendez-vous clé pour Cuba qui va y chercher des appuis diplomatiques. Grâce au virage à gauche de l’Amérique Latine, Cuba s’est rapproché du continent voisin, s’assurant des liens politiques et commerciaux stratégiques. L’accord ''pétrole contre médecins'' conclut avec le Venezuela permet au régime cubain de gérer la crise des ressources énergétiques qui frappe l’île depuis la chute de l’empire soviétique. Le Venezuela prend progressivement le relais de l’ex-URSS et devient l’allié principal de Cuba.
 
La croissance relative de l’économie cubaine, entre 8 et 11% selon le régime cubain, tient principalement aux ressources du tourisme, de la vente de nickel et des avancées médicales. Le marché noir représente une grande partie de l’économie du pays. Fidel Castro perçoit ce trafic informel et l’argent envoyé par les exilés de Miami comme un mal endémique qui accentue les inégalités sociales. Mais son successeur Raùl, au pouvoir provisoirement depuis août dernier, prétend vouloir orienter l’économie cubaine vers l’ouverture, notamment grâce au tourisme. Loin de se défaire du castrisme, Raùl veut pérenniser le socialisme révolutionnaire cubain.
 
L’avenir de l’île dépendra sûrement de la volonté du prochain leader cubain de s’orienter vers un système ''à la chinoise'' (ouverture économique et communisme politique).
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