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Accord inespéré sur le gaz

Dernière modification : 15/01/2008

Moscou et Minsk ont trouvé un accord 2 minutes avant 2007. Gazprom est le grand gagnant de cette négociation. Le Bélarus dit "regretter" ses concessions. (Récit: J. Knock)

MOSCOU, 1 jan (AFP) - La Russie et le Bélarus ont signé un accord sur les livraisons de gaz russe à l'ex-République soviétique dimanche soir, ont annoncé le PDG de Gazprom Alexeï Miller et le Premier ministre bélarusse Sergueï Sidorski à des journalistes à Moscou tôt lundi matin.
  
"La partie bélarusse, dans un climat lourd à la veille du Nouvel An, a signé un accord dans des termes regrettables", a déclaré M. Sidorski.
  
A partir de 2007, le Bélarus va payer 100 dollars les 1.000 mètres cubes de gaz, au lieu des 105 dollars exigés précédemment par la Russie, a-t-il précisé.
  
M. Miller a annoncé que dans le cadre de l'accord, la Russie obtenait le contrôle de 50% de Beltransgaz, maître d'oeuvre du réseau de gazoducs bélarusses, pour la somme de 2,5 milliards de dollars à verser pendant les quatre prochaines années.
  
Les deux parties sont parvenues à un accord à 23H58 locales (20H58 GMT), a-t-il précisé, ajoutant que le Bélarus avait offert les "meilleures conditions".
  
Il a également indiqué que le tarif du transit de gaz russe par le Bélarus passerait de 0,75 dollar à 1,45 dollar pour 1.000 m3 par tranche de 100 km du gazoduc.
  
L'accord de dernière minute est intervenu alors que la Russie menaçait de couper le gaz au Bélarus au matin du Nouvel An si les négociations de la dernière chance sur les prix du gaz échouaient, faisant craindre des répercussions jsuqu'en Europe.
  
Gazprom exigeait que le prix de son gaz passe de 46 à 105 dollars les 1.000 m3 en plus de l'acquisition de 50% du réseau de gazoducs bélarusses.
  
Si aucun accord n'avait été trouvé sur le prix du gaz, "Gazprom commencera à se préparer à un arrêt des livraisons de gaz au Bélarus" à 07H00 GMT au matin du Nouvel An, avait indiqué le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov.
  
Auparavant, le géant énergétique russe avait répété qu'il déployait "tous les efforts possibles pour que les contrats (gaziers) soient signés dans le temps imparti".
  
Le porte-parole de Gazprom s'était exprimé à moins de 15 heures de l'expiration de l'ultimatum lancé à Minsk par le géant énergétique russe qui, faute d'accord, aurait été synonyme de fermeture du robinet gazier et aurait pu entraîner des perturbations dans l'approvisionnement en Europe, notamment en Allemagne, en Pologne et en Lituanie.
  
Environ 5% du gaz consommé par les Européens transite par le Bélarus.
  
Samedi soir déjà, Minsk avait affirmé que les deux parties s'étaient mises d'accord sur un prix de 100 dollars les 1.000 m3 de gaz pour 2007 et qu'il ne restait qu'à finaliser le prix pour la période 2008-2010.
  
Mais Gazprom avait immédiatement réagi en jugeant "prématuré" de parler d'accord.
  
"Il s'agit du point de vue de la partie bélarusse, mais ce n'est pas un véritable accord", avait déclaré M. Kouprianov.
  
"Nous négocions la signature d'un contrat de cinq ans", avait souligné le porte-parole de Gazprom.
  
Preuve que la menace agitée par les Bélarusses de détourner du gaz destiné aux Européens était prise au sérieux à Moscou, Gazprom avait annoncé avoir envoyé des "observateurs" et des "experts indépendants internationaux pour le contrôle des volumes de gaz transitant par le territoire bélarusse".
  
Depuis mardi et l'échec des négociations sur une hausse du prix du gaz, qui devait passer initialement de 46 à 200 dollars les 1.000 m3, le ton n'a fait que monter entre Moscou et son plus fidèle allié dans l'espace post-soviétique, malgré un compromis proposé par les Russes.
  
Gazprom offrait un prix de 105 dollars les 1.000 m3 en échange de l'acquisition de 50% de Beltransgaz.

Première publication : 01/01/2007

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