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L'Ethiopie retire ses troupes

Dernière modification : 08/01/2008

Après moins d'un mois en Somalie, les troupes éthiopiennes engagées aux côtés du gouvernement de transition commencent à se retirer du pays. Des troupes de l'Union africaine prendront la relève.

MOGADISCIO, 23 jan 2007 (AFP) - Les troupes éthiopiennes ont commencé mardi à se retirer de Mogadiscio, moins de quatre semaines après leur entrée dans la capitale aux côtés des forces gouvernementales somaliennes, mais des soldats éthiopiens devraient rester en Somalie jusqu'à l'arrivée d'une force de paix.

 
   Une brève cérémonie officielle, organisée dans l'ancien quartier général de l'Armée de l'air somalienne, dans le sud de Mogadiscio, a marqué le départ d'un contingent d'environ 200 soldats éthiopiens.

 
   De son côté, le Premier ministre somalien, Ali Mohamed Gedi, a précisé lors d'un point de presse à Nairobi qu'une partie des soldats éthiopiens resteront dans le pays jusqu'à l'arrivée des troupes de la force de paix africaine.

 
   "Les (dernières) troupes éthiopiennes partiront après l'arrivée des soldats de maintien de la paix en Somalie", a déclaré M. Gedi, ajoutant cependant: "Si besoin, l'Ethiopie restera (en Somalie), c'est une décision (prise) par les deux gouvernements".

 
   L'Union africaine (UA) veut déployer prochainement un contingent de 7.600 soldats de maintien de la paix en Somalie dans le cadre de l'Amisom (Mission africaine en Somalie).

 
   Plus de 8.000 soldats éthiopiens seraient déployés en Somalie, selon les autorités de Mogadiscio. De son côté, Addis Abeba fait état d'un contingent de 3.000 à 4.000 hommes présents en Somalie.

 
   En marge de la cérémonie à Mogadiscio, le vice-Premier ministre somalien, Hussein Mohammed Aïdid, a jugé que "le retrait des troupes éthiopiennes montre que ces troupes n'avaient aucun projet politique, mais s'étaient seulement engagées dans la stabilisation" de la Somalie, en guerre civile depuis 1991.

 
   Le début du retrait éthiopien a été confirmé à l'AFP par le porte-parole du ministère éthiopien de l'Information, Zemedkum Tekle.

 
   "Nous avons déjà commencé à retirer nos troupes de Somalie. Le premier groupe a déjà commencé le processus de départ de la Somalie", a-t-il indiqué, se refusant à donner des chiffres ou à préciser d'où partaient les soldats.

 
   "Nous avons toujours dit que les troupes éthiopiennes quitteraient la Somalie dès que les forces somaliennes seraient capables de prendre en charge leur sécurité. Et le moment est venu étant donné que les forces somaliennes prennent en charge efficacement la sécurité de leur pays", avait déclaré mardi matin sous couvert d'anonymat lors de la cérémonie à Mogadiscio un officier supérieur éthiopien.

 
   La police somalienne devait démarrer mardi des patrouilles régulières dans Mogadiscio pour la première fois depuis des années, mais aucun dispositif particulier n'était visible dans la ville.

 
   Après la débâcle des islamistes qui contrôlaient Mogadiscio depuis juin-juillet 2006, les troupes éthiopiennes étaient entrées le 28 décembre dans la capitale aux côtés des forces somaliennes.

 
   Pour la première fois depuis son élection, à Nairobi le 10 octobre 2004, le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed était entré le 8 janvier à Mogadiscio tenue par l'armée éthiopienne.

 
   Auparavant, le gouvernement de transition était cantonné à Baïdoa (250 km au nord-ouest de la capitale), initialement en raison de l'hostilité des chefs de guerre, puis à la suite de la prise de pouvoir des tribunaux islamiques.

 
   Depuis le 28 décembre, troupes éthiopiennes et somaliennes ont mené des opérations de ratissage à la recherche d'armes et d'islamistes, qui seraient encore 3.000 dans la capitale selon le gouvernement.

 
   Elles ont été régulièrement la cible d'attaques de convoi ou de tirs par des assaillants non-identifiés.

 
   Après une "visite de travail" lundi et mardi à Addis Abeba avec les autorités éthiopiennes, M. Yusuf a entamé mardi une visite officielle de quatre jours au Rwanda, qui fait partie des pays sollicités pour contribuer à la force de paix africaine.
   Par ailleurs, le Yémen est devenu mardi le premier pays à ouvrir une ambassade à Mogadiscio depuis la déroute des islamistes.

Première publication : 23/01/2007

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