Les messages rassurants sur la santé de Fidel Castro qui n'est pas apparu en public depuis exactement six mois, se sont multipliés cette semaine, mais les Cubains commencent à trouver le temps long et voudraient le voir au moins en photo ou vidéo.
Des milliers de jeunes écoliers ont défilé vendredi sur la Place de la Révolution pour l'anniversaire de la naissance du père de l'indépendance José Marti, avec des pancartes et même une réplique en carton d'un téléviseur avec la photo du "Comandante".
Les déclarations officielles les plus détaillées et récentes sur son état sont venues du président du Parlement, Ricardo Alarcon, qui a affirmé jeudi que le chef de l'Etat cubain, âgé de 80 ans, se rétablissait "très bien", dénonçant au passage "les commérages" sur sa santé.
Ces informations ont été données à la presse étrangère, pas aux médias officiels de l'île, qui respectent scrupuleusement la consigne de "secret d'Etat" imposée par Castro. Les Cubains ont néanmoins vu pour la plupart, à la télévision nationale, le président vénézuélien Hugo Chavez brandir mercredi une lettre signée par Castro comme preuve qu'il est vivant.
Devenu une sorte de "porte-parole médical" de Castro, opéré le 27 juillet pour une affection intestinale non précisée, M. Chavez a affirmé que son allié n'est "plus alité" et qu'il "marche presque au trot" comme un fringant "cheval", son surnom de guérillero. Jeudi, il est revenu sur le sujet, qualifiant de "lent mais notable" son processus de guérison.
Fidel Castro n'a plus été vu en public depuis le 26 juillet. Le 31, il transférait le pouvoir, "provisoirement" et pour la première fois en 48 ans de régime communiste, à son cadet Raul, 75 ans.
Depuis, les autorités ont fait circuler cinq vidéos et une dizaine de messages, dont un seul communiqué à caractère médical le 5 septembre dans lequel il disait avoir perdu 18,6 kilos, affirmant en avoir repris la moitié.
Son dernier message lu aux Cubains date du 30 décembre: il y indiquait avec optimisme que sa convalescence était "loin d'être une bataille perdue". Les dernières images remontent au 28 octobre: on l'y voit amaigri, faisant des exercices de gymnastique.
Sur conseil de ses médecins, il a été absent du sommet des Non-Alignés à la mi-septembre à La Havane et surtout des festivités organisées le 2 décembre pour ses 80 ans et le 50ème anniversaire du début de la révolution qui allait aboutir en 1959 au renversement du dictateur Batista.
Son éloignement prolongé du pouvoir a suscité rumeurs et spéculations, alimentées par l'affirmation des services secrets américains qu'il ne lui resterait plus que "des mois, pas des années à vivre".
Le 16 janvier, le journal espagnol El Pais a accru l'incertitude, indiquant qu'il serait dans un état "très grave". Cette affirmation a été démentie par José Luis Garcia Sabrido, chef de service de l'hôpital d'où provenaient les informations d'El Pais, appelé fin décembre à La Havane pour examiner Castro.
Reste que beaucoup de Cubains avouent leur hâte de revoir leur chef. "Il me manque, nous avions l'habitude de le voir tous les jours" à la télévision, souligne José Garcia, 65 ans, employé d'entretien dans la Vieille Havane.






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