Les Etats-Unis et les pays européens devraient mettre la pression sur la junte birmane à l'Assemblée générale de l'ONU à New York cette semaine, pour qu'elle engage des réformes démocratiques, face aux manifestations qui se succèdent.
Washington et les Etats européens devraient être le fer de lance d'une campagne diplomatique au cours de la 62e Assemblée générale, qui s'ouvre mardi, pour soutenir le mouvement de protestation le plus important en deux décennies dans ce pays d'Asie du sud-est, ont indiqué des diplomates.
Dimanche, juste avant un entretien avec son homologue chinois Yang Jiechi dans un grand hôtel new-yorkais, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a dénoncé le régime "brutal" au pouvoir en Birmanie et affirmé suivre de "très près la situation", alors que quelque 20.000 manifestants ont défilé à Rangoun contre la junte.
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband avait assuré dès vendredi qu'il soulèverait cette question à New York.
Une séance d'information au Conseil de sécurité a déjà eu lieu jeudi sur les efforts de l'envoyé spécial de l'ONU, Ibrahim Gambari, dans cette ancienne colonie britannique gouvernée par des juntes successives depuis 45 ans.
"La discussion opportune au Conseil de sécurité démontre les préoccupations de la communauté internationale à un moment où la situation dans le pays est tendue", avait ajouté M. Milliband.
Le régime des sanctions, imposé au milieu des années 1990 par l'Union européenne et les Etats-Unis, s'est révélé inefficace, des pays comme la Chine, l'Inde et la Thaïlande participant aux efforts intenses visant à exploiter les ressources, notamment gazières, de la Birmanie.
Les observateurs s'attendent à ce que le président américain George W. Bush, qui doit s'exprimer mardi devant l'Assemblée générale, ajoute à la pression.
"La Première Dame et le président ont tous les deux passé du temps (sur le dossier birman) et je pense qu'il est juste de dire que cela pourrait être mentionné", a indiqué Michael Kozak, un haut responsable du Conseil de sécurité national américain.
La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice va rencontrer jeudi les représentants des pays membres de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean).
Elle "va faire pression afin que l'Asean use de son influence pour faire cesser la répression en Birmanie" et pour qu'y soient mises en oeuvre "de vraies réformes démocratiques", a déclaré à la presse Kristen Silverberg, secrétaire d'Etat adjointe pour les affaires liées aux organisations internationales.
La Birmanie est membre de l'Asean, aux côtés de l'Indonésie, du Cambodge, du Laos, de la Malaisie, des Philippines, de Singapour, de la Thaïlande, de Brunei et du Vietnam.
Dans un éditorial samedi, le Washington Post estimait que George W. Bush "devait engager des efforts diplomatiques énergiques, d'abord avec la Chine, pour dire clairement qu'il s'agit d'une priorité pour les Etats-Unis".
"La Chine qui a plus d'influence que quiconque en Birmanie, doit décider si elle veut accueillir les jeux Olympiques en 2008 comme soutien d'un des régimes les plus déplaisants du monde ou comme un artisan de la paix".
Environ 10.000 moines bouddhistes, soutenus par un nombre équivalent de civils, ont manifesté dimanche dans Rangoun contre la junte militaire au pouvoir, selon des témoins.
Depuis le début de la semaine, des bonzes sont à l'avant-garde d'un mouvement croissant de protestation déclenché le 19 août après l'augmentation massive des prix des carburants et des transports en commun, qui affecte durement la population.






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