Dernière modification : 14/01/2008 

La Chine en mauvaise posture
La Chine en mauvaise posture
La Chine, alliée de la Birmanie, se déclare maintenant « préoccupée » par la situation mais Pékin veut toujours éviter de prendre position contre le régime birman.
« En tant que voisin, la Chine est extrêmement préoccupée par la situation au Myanmar ». Dans la dernière déclaration officielle du régime de Pékin, pour la première fois, la Chine appelle les parties à la retenue, mais en s’abstenant prudemment de condamner la répression en cours en Birmanie.
 
Pour Jean- Luc Domenach, directeur de recherche au CERI, il y a un changement très net dans le contenu des déclarations chinoises. Ils sont « embêtés par la situation qui se complique en Birmanie ». Le sens de leur message est « ne faites pas de casse ».
 
La Chine est un allié diplomatique solide du régime des généraux birmans. Pékin a soutenu la junte birmane pendant la violente répression de 1988 puis à nouveau quand les généraux ont refusé de reconnaître les élections de 1990, qui donnaient la victoire à l’opposante Aung San Suu Kyi. Plus récemment, en janvier 2007, la Chine a opposé son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU à un projet de résolution, demandant à la junte de cesser de persécuter les minorités ethniques et les opposants.
 
Si la situation venait à se détériorer en Birmanie, la Chine serait forcée de prendre position clairement pour la junte ou ses opposants. Comment la Chine peut-elle continuer à apporter son soutien au régime, malgré la pression de la communauté internationale croissante et les JO de Pékin qui approchent ? Car pour M. Domenach, la menace de boycott des JO de Pékin en 2008 est « l’arme absolue contre Pékin ».
 
Ce spécialiste de la Chine estime que le régime de Pékin « ne voudra pas se séparer totalement de la Birmanie, ou seulement en tout dernier recours ». La Chine a besoin de la Birmanie pour sa stratégie d’importation, mais aussi de défense maritime et de surveillance de l’Inde, explique-t-il, précisant qu’une station d’écoute est en construction sur une île birmane.
 
Autre explication d’ordre stratégique, la Birmanie représente pour la Chine une porte sur l’Océan indien et elle est dotée d’importantes réserves de gaz. Dans le but d’assurer sa sécurité énergétique, la Chine a investi dans un projet d’oléoduc permettant d’approvisionner le sud-ouest chinois en hydrocarbures depuis la Baie du Bengale. Depuis, Pékin a davantage besoin de stabilité en Birmanie.
 
En outre, la Chine est le principal partenaire commercial de la Birmanie. Le commerce entre le deux pays a augmenté de près de 50% sur les huit premiers mois 2007, à 1,08 milliards de dollars, selon les statistiques chinoises qui ne prennent en compte ni le trafic de bois, de pierres précieuses et d’autres biens entre la Birmanie et la province chinoise du Yunnan.
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