Dernière modification : 14/01/2008 

Au coeur du sud-est birman
Alors que les manifestations se poursuivent à Rangoun et que la répression de la junte se durcit, Cyril Payen correspondant de FRANCE 24, s'est introduit clandestinement dans les sud-est du pays, et décrit une situation différente.

A Rangoun, les manifestations continuent et la répression se durcit mais ailleurs, la situation est différente. C’est ce qu’a décrit Cyril Payen, correspondant de FRANCE 24 dans un village du sud-est du pays.

Entré clandestinement dans un pays où désormais règne la terreur, Cyril Payen préfère taire le lieu exact où il se trouve. Il précise uniquement qu'il est dans une zone villageoise du sud-est, tenue par une milice d'obédience bouddhiste qui s'est alliée à la junte militaire.
Et si à la frontière avec la Thaïlande, les habitants semblaient jouir d'une certaine liberté de parole, là ce n'est plus le cas.

Dans cette région rurale marquée par une pauvreté extrême on ne voit pas de manifestant. Et selon Cyril Payen, "on peut constater que l’appareil répressif de la junte birmane est parfaitement en marche". En effet, personne ne sait ou ne veut parler de ce qui se passe à Rangoun ou à Mandalay. Aux questions du correspondant de FRANCE 24, les habitants qui se trouvent à 300 kilomètres des manifestations qui ont lieu répondent "qu'ils ne savent rien, qu'ils ne font pas de politique et que de toute façon, ils soutiennent le gouvernement". Et pourtant, selon Cyril Payen, ils écoutent les nouvelles à la radio.

Seuls les miliciens qui encadrent le journaliste se sont entretenus avec lui. Lorsqu'il leur a demandé ce qu'ils pensaient, en tant que bouddhistes, du fait que la junte tirait sur des moines, ils ont répondu que ce n'était pas des moines qui manifestaient, mais forcément des personnes déguisées en moines, payées par des puissances occidentales pour semer le cahos dans le pays. "Et on voit là tout l'effet de la propagande", constate Cyril Payen.

D'après Cyril Payen, on peut s'attendre à un durcissement de la répression car des soldats auraient été rappelés de plusieurs fronts pour se rendre à Rangoun, comme la milice avec laquelle lui-même se trouve  qui a reçu une demande officielle du commandement militaire de rejoindre la capitale.

Commentaires
Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Fermer