Dernière modification : 09/01/2008 

La Force africaine au Darfour connaît sa pire attaque
La Force africaine au Darfour connaît sa pire attaque
La force africaine déployée au Darfour a subi son attentat le plus meurtrier samedi, avec au moins dix morts. Les négociations entre le gouvernement et les rebelles doivent reprendre en octobre.

La force africaine déployée au Darfour a subi son attentat le plus meurtrier, avec au moins dix morts, alors que se préparent de cruciales négociations de paix entre gouvernement et rebelles de cette région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

"Au moins dix soldats ont été tués, sept blessés et plusieurs dizaines sont portés disparus" à la suite de cette attaque survenue samedi soir dans le sud du Darfour, a déclaré dimanche à l'AFP le porte-parole de la mission de l'Union africaine (UA) au Soudan (Amis), Noureddine Mezni.

L'UA n'a pas explicitement désigné les responsables de l'attaque, mais le chef de l'Amis a clairement laissé entendre, dans un communiqué publié à Khartoum, qu'il s'agissait d'un des nombreux groupes rebelles.

"Le chef de la mission, Rodolfe Adada, est profondément choqué par cette attaque, la plus sanglante contre les forces africaines depuis leur déploiement au Darfour" en mai 2004, près d'un an et demi après le début de la guerre, a ajouté le porte-parole de l'Amis.

Les pertes de la force qui compte 7.000 hommes venus de 26 pays, s'élevaient au 1er avril à 17 morts. Ce jour-là, cinq soldats sénégalais ont été tués dans une attaque attribuée à des rebelles de la faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM) de Minni Minawi, pourtant signataire de l'accord de paix de 2006 avec le gouvernement.

L'attaque de samedi a eu lieu à 19H30 (16H30 GMT) et a été menée contre la base d'Haskanita, dans le sud du Darfour, a précisé le porte-parole.

Il a refusé de spéculer sur l'identité des assaillants et n'a pas été en mesure de préciser la nationalité des victimes.

"Les groupes rebelles qui s'impliquent dans de telles violence et commettent de tels carnages minent leur propre crédibilité dans toute négociation", a souligné le général nigérian Martin Agwai, qui commande la force de l'UA, dans un communiqué.

"Il est regrettable que de tels actes aient lieu quelques semaines avant les négociations de paix de Tripoli", a-t-il ajouté.

Les groupes rebelles du Darfour n'ont jamais paru aussi divisés sur ces négociations de paix, réclamées avec insistance par l'ONU et l'UA et dont le début a été fixé au 27 octobre à Tripoli.

Cette pression internationale ne semble pas pour le moment produire d'effet sur l'un des principaux chefs rebelles, Abdel Wahid Mohamed Nour, qui exige une trêve réelle sur le terrain avant toute négociation.

Un autre groupe rebelle, et non des moindres, le SLM d'Ahmed Abdel Chafi bien implanté dans le sud du Darfour, a également demandé un report de la date des pourparlers, jusqu'à la mise en place d'une telle trêve.

Mais d'autres groupes, parmi la nébuleuse des factions rebelles, se sont déclarés prêts à aller négocier la paix à Tripoli, après avoir participé à une réunion en août en Tanzanie parrainée par l'UA et l'ONU.

La force africaine au Darfour, souvent perçue comme inefficace en raison d'un manque de moyens et de financement, doit être remplacée dans les mois qui viennent par une force plus robuste, associant les Nations unies.

Cette force dite hybride doit être composée de 26.000 soldats et policiers chargés du maintien de la paix dans cette région du Soudan ensanglantée par une guerre civile depuis 2003.

Le conflit, opposant les forces gouvernementales et leurs alliés --des miliciens arabes appelés Janjawid--, aux rebelles de souche africaine, a fait quelque 200.000 morts et plus de 2,5 millions de déplacés, selon des organisations internationales.

 

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