Dernière modification : 14/01/2008 

La junte libère plus de 200 religieux
La junte militaire birmane a libéré 80 moines et 149 femmes présumées être des religieuses bouddhistes arrêtés la semaine dernière lors des manifestations. Pour autant, la répression se poursuit.
RANGOUN, 3 octobre (Reuters) - La junte militaire birmane a
libéré ces dernières 24 heures 80 moines et 149 femmes présumées
être des religieuses bouddhistes arrêtés la semaine dernière
lors de la répression des manifestations anti-gouvernementales,
a-t-on appris mercredi dans leur entourage.
 
Un proche de religieuses libérées a précisé que les détenus
interrogés avaient été classés en quatre catégories: ceux qui
passaient par là, ceux qui regardaient, ceux qui applaudissaient
et ceux qui s'étaient joints aux manifestations.
 
Les 149 femmes libérées, dont la plupart avaient le crâne
rasé, laissant supposer qu'elles sont des religieuses, ont été
rassemblées sur un stade avant d'être libérées mercredi matin.
 
Deux ou trois d'entre elles avaient des robes tachées de
sang.
 
Un jeune moine âgé d'une vingtaine d'années, visiblement
nerveux et souhaitant garder l'anonymat, a déclaré pour sa part
avoir été libéré et reconduit avec 79 autres religieux aux
premières heures de la journée au monastère de Mingala Yama.
Selon lui, les seize autres moines arrêtés dans ce monastère de
Rangoun doivent être libérés sous peu.
 
 
10 MORTS, 30 OU PLUS?
 
Il a précisé qu'ils avaient été interrogés "jour et nuit" à
l'ancien Institut technologique public d'Insein, dans le nord de
la capitale, non loin de la sinistre prison du même nom. Il a
assuré qu'ils avaient été agressés verbalement mais pas
physiquement maltraités.
 
Les forces de sécurité étaient venues les chercher un soir
en prétextant les emmener à un "petit-déjeuner caritatif", a
précisé le moine libéré, ajoutant: "On nous a menti."
 
Selon des habitants vivant à proximité de la quinzaine de
monastères où ont eu lieu ces rafles, les forces de sécurité ont
frappé et battu les moines pour les entasser dans des camions.
Un diplomate qui s'est rendu au monastère de Ngwe Kya Yan a
confié à Reuters y avoir constaté des traces de violences.
 
Selon les moines, six des leurs ont été tués lors de ces
descentes ou d'échauffourées avec les forces de sécurité. Le
site internet de la Voix démocratique de Birmanie a diffusé une
photo d'un moine gisant dans un fossé.
 
Mais il est impossible de confirmer avec certitude que des
moines ont été battus et tués par les forces de sécurité, comme
l'affirment les rumeurs qui circulent à Rangoun.
 
Les médias officiels établissent le bilan des récents
troubles à dix morts. Le ministre australien des Affaires
étrangères a pour sa part fait état de 30 morts, au bas mot.
Commentaires
Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Fermer