Dernière modification : 14/01/2008 

Témoignage d'un reporter photographe
Envoyé spécial de France 24 en Birmanie au plus fort de la répression, Thierry Falise a sillonné les rues de Rangoun à la recherche de clichés sur le mouvement de protestation contre la junte militaire.
Thierry Falise, Vous avez couvert les évènements en Birmanie depuis le début, Quelles images fortes gardez-vous de ces évènements ? 
 
Il y eut plusieurs moments très forts. Cela a commencé d’abord par une manifestation de moines sous une pluie battante puisqu’au début il n’a pas cessé de pleuvoir pendant 72 heures. Les manifestants priaient avec ferveur, lançaient des messages de non-violence, d’appels à l’amour et à la compassion  Et puis, progressivement, les gens ont rejoint  ces moines.
 
Et puis il y a eu la politisation de la manifestation avec l’apparition de T-shirts à l’effigie de Aung San Suu Kyi.  La foule est devenue plus compacte et la population s'est massée le long des trottoirs, aux fenêtres et aux balcons des immeubles.
Mais tout cet espoir a été balayé en une seule journée : un soir, 4 ou 5 camions de soldats sont intervenus, ils se sont massés près de la pagode Sule, un des endroits principaux du rassemblement. Les soldats ont tué quelques personnes – dont on ignore encore le nombre-  et arrêté de nombreux autres. Il y avait des moines parmi eux. Depuis l’ordre règne à Rangoun. Le lendemain tout était fini.
 
Vous étiez hier encore à Rangoun, a quoi ressemble la vie dans
Rangoun ?
  

Pour ceux qui ne connaissent pas la situation, tout à l’air relativement normal. On voit quelques groupes de policiers et de soldats discrètement assis à l’ombre des arbres, il ya des fils barbelés aux coins des rues mais sinon les grandes pagodes ont été ouvertes et tout à l’air de fonctionner normalement.

 
Mais dès que l'on s'intéresse un peu plus à la situation politique du pays et qu'on essaie de parler la sittuation est différente. Les gens détournent la tête, parfois s'enfuient. Il y a une chappe de peur sur cette ville.
 
Quelles sont les attentes des Birmans ? Notamment par rapport a la visite de l’envoyé spécial de l’ONU ainsi que vis-àvis de la communauté internationale ?

 

L’espoir était encore quand les manifestations étaient encore en place. L'attente était énorme au moment des manifestatiions. Nous les journalistes étions également pris a témoin et parfois de façon émouvante. Les gens nous disaient qu'il fallait que nous temoignions,  mais maintenant nous ne savons pas. Les gens ne parlent plus ou très peu. Ils sont assez sceptiques.

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