Les puissances occidentales cherchaient samedi à maintenir la pression sur la junte birmane, après la mise en garde de l'émissaire de l'ONU, Ibrahim Gambari, contre des "conséquences internationales graves" suite à la répression des manifestations dans ce pays.
Les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France, les trois membres permanents occidentaux du Conseil de sécurité de l'ONU, ont fait circuler vendredi un projet de déclaration condamnant "la répression violente" exercée contre les manifestants par la junte birmane.
Et Washington par la voix de son ambassadeur à l'ONU Zalmay Khalilzad a évoqué de possibles nouvelles sanctions.
"Les Etats-Unis sont prêts à proposer au Conseil de sécurité une résolution imposant des sanctions", a dit M. Khalilzad, estimant indispensable que M. Gambari retourne dans la région "le plus rapidement possible pour poursuivre ses efforts diplomatiques".
"Il est temps que le Conseil fasse plus que simplement écouter un rapport", a insisté l'ambassadeur américain.
"Le Conseil de sécurité condamne la répression violente par le gouvernement de Birmanie de manifestations pacifiques, dont l'usage de la force contre des personnalités et des institutions religieuses", déclare le projet de déclaration, qui doit être discuté par le Conseil lundi au niveau des experts.
Le projet de déclaration demande "la libération immédiate des personnes arrêtées et ... que celles qui ont été blessées aient accès à des soins médicaux".
La junte a elle même admis que les forces de sécurité avaient arrêté plus de 700 moines la semaine dernière au cours de raids dans 18 monastères.
Le texte demande également "un décompte complet des personnes détenues, disparues ou tués à la suite des récentes manifestations pacifiques".
M. Gambari, qui a rendu compte au Conseil de sécurité de sa mission de quatre jours en Birmanie, a assuré que l'opposante birmane Aung San Suu Kyi (en résidence surveillée), qu'il a pu rencontrer à deux reprises, espérait que les manifestations pousseraient la junte militaire à un réel dialogue.
Il existe un consensus au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU pour considérer que le statu quo en Birmanie est "inacceptable" et qu'il faut traiter "les causes du mécontentement", a-t-il dit.
Il a évoqué le rôle "essentiel" joué par les pays de l'ASEAN (Association des pays d'Asie du Sud-Est) et des puissances régionales, comme la Chine, le Japon ou l'Inde.
A cet égard Singapour, qui assume la présidence de l'ASEAN dont la Birmanie fait partie, a estimé qu'exclure les militaires de la recherche d'une solution en Birmanie pourrait conduire à plus d'instabilité.
Parallèlement, un appel mondial à manifester samedi pour maintenir la pression sur le régime birman a été lancé par Amnesty International et plusieurs autres organisations de défense des droits de l'Homme.
Dans le cadre de cette action mondiale dont le coup d'envoi a commencé en Nouvelle Zélande (Wellington) et en Australie à Sydney, d'autres actions de solidarité étaient prévues tout au long de la journée.
Après l'Asie, notamment à Taipei et Dehli des manifestations étaient attendues en Europe comme en France, Belgique, Espagne, Irlande, Autriche, Norvège, mais aussi au Canada et aux Etats-Unis.






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