BANGKOK, 10 octobre - Un dirigeant de l'opposition
birmane arrêté au cours des manifestations du mois dernier
contre la junte est mort des suites de tortures infligées
pendant des interrogatoires, a affirmé mercredi l'Association
d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).
A Washington, les Etats-Unis ont menacé le Myanmar de
nouvelles sanctions après l'annonce par des médias de la mort de
Win Shwe.
"La junte doit mettre un terme au traitement brutal de la
population et entamer une transition pacifique vers la
démocratie, faute de quoi, elle risque de nouvelles sanctions
des Etats-Unis", a déclaré Gordon Johndroe, porte-parole de la
Maison blanche.
Il a réclamé une enquête approfondie sur la mort de Win
Shwe, sans préciser quelles nouvelles sanctions étaient
envisagées pour l'ex-Birmanie.
Selon l'AAPP, basée en Thaïlande, Win Shwe, 42 ans, membre
de la Ligue nationale pour la démocratie, a été arrêté le 26
septembre avec quatre autres personnes en raison de leur soutien
actif et de leur participation aux manifestations pour la
démocratie, les plus importantes depuis près de vingt ans.
"Il est mort des suites de tortures pendant les
interrogatoires", affirme le site internet d'AAPP
(www.aappb.org) en citant des responsables de la région de
Kyaukpandawn.
Il ajoute que le corps n'a pas été remis à la famille et
qu'il a été dit à cette dernière qu'il avait été incinéré.
Les médias officiels du Myanmar ont avancé un bilan de 10
morts à l'issue des manifestations de septembre, mais selon des
gouvernements occidentaux, il pourrait être beaucoup plus lourd.
AAPP écrit que de nombreux morts ont été incinérés et que
des blessés ont été jetés dans des cours d'eau: "Des cadavres de
moines ont fait leur apparition ces derniers jours dans les
flots du Pazundaung, à Rangoun. En outre, beaucoup de ceux qui
ont été arrêtés ont été torturés pendant les interrogatoires."
Laura Bush, épouse du président des Etats-Unis, déclare dans
une interview publiée mercredi par USA Today que Washington
annoncera "dans les prochains jours" de nouvelles sanctions
contre la junte birmane si cette dernière ne prend pas des
mesures dans le sens de la démocratie.






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