Dernière modification : 09/01/2008 

Un voyage "en classe affaires"
Un voyage "en classe affaires"
A l'occasion de sa visite au Maroc, le président français Nicolas Sarkozy emmène avec lui une importante délégation de patrons et met l'accent sur une nouvelle diplomatie économique.

Le détail est trop important pour échapper à la curiosité des analystes. Pas moins de 70 chefs d'entreprises françaises accompagnent Nicolas Sarkozy dans son premier voyage marocain
 

Une telle délégation d'hommes d'affaires n'a rien à envier à celles qui, à intervalles réguliers, s'installent à bord de l'avion présidentiel en partance pour un pays industrialisé ou émergent.

Visiblement, elle passe pour être l'une des plus importantes de ces dernières années. "Tant par le nombre que par la taille des entreprises représentées", précise un journaliste économique parisien familier des voyages officiels.

 

Invitant, dans un même vol, aux côtés des officiels, capitaines d'industrie et figures médiatiques de la société civile, Nicolas Sarkozy entend souligner que la diplomatie économique sera bien au cœur de sa politique maghrébine.

 

En visite à Alger en juillet 2004 en tant que ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy était content d'être le premier patron de Bercy à embarquer avec lui "la moitié du CAC 40", allusion aux patrons des grands groupes.

 

Illustration s'il en est de la diplomatie économique de l'Elysée, une quinzaine d'accords économiques et commerciaux devrait être signée au Maroc. Parmi ces contrats, les plus importants seront sans doute la réalisation d'une ligne TGV Tanger-Marrakech par le Groupe Alstom et la construction d'une usine Renault destinée à vendre le modèle "Logan".

 
Avec 100 millions de consommateurs à l'horizon 2025, le Maghreb est un marché attractif. Sur fond d’instabilité au Proche-Orient, l'Afrique du nord apparaît, aux yeux des investisseurs réels ou potentiels, comme zone stable ou, à tout le moins, exposée à un minimum de risques. Longtemps considéré comme la chasse gardée de la France, le Maghreb attire aujourd’hui les investisseurs étrangers. A l'heure de la mondialisation, des délocalisations et de recherche de marchés compétitifs, la concurrence s'y fait plus vive.
D’un côté, les entreprises européennes rivalisent de charme pour être présentes sur ce marché en pleine expansion, à seulement deux heures d’avion. De l’autre, une percée remarquée de la Chine en Algérie d’où elle était absente il y a encore 10 ans. La mondialisation et l’ouverture du marché algérien aidant, l'économie chinoise occupe désormais la quatrième place au palmarès des partenaires commerciaux de ce pays. Au même rang que les Etats-Unis et leurs investissements pétroliers.
 

Œil de Bercy et pont avancé des milieux d'affaires français au Maghreb, les missions économiques et financières françaises suivent l'évolution des paysages économiques de la région. Pour l'heure, les parts de marché des entreprises françaises sont loin d'être compromises. A l’image des constructeurs Renault et Peugeot qui ont vu leurs parts de marchés augmenter en flèche grâce à la vente par crédit. Un système inexistant auparavant en Algérie. 

Pour autant, au seuil du nouveau siècle, la donne est en train de changer. "Désormais, les entreprises françaises ne peuvent plus se targuer d'être en terrain conquis. La concurrence est désormais bien installée", affirmait un responsable français, lors d'un colloque organisé à Paris en 2005. 

A l'image de nombre de ses pairs, le président d'une chambre de commerce régionale se rassure en faisant valoir les atouts, nombreux et solides, dont jouit la "France économique" sur la rive sud de la Méditerranée. La proximité géographique, la langue, des liens historiques et – élément important -- l'antériorité de la présence des entreprises hexagonales avantagent le milieu des affaires français.

 

Paris ne s'y est pas trompé. Il y a quatre ans, le Ministère du commerce extérieur avait inscrit les trois pays du Maghreb central – Algérie, Maroc et Tunisie – au rang des "25 pays cibles" pour les entreprises françaises.

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