Le magazine Reporters vous emmène cette semaine dans l'océan Indien, dans un pays dont on parle rarement: Madagascar.
Aussi grand que la France dont il est devenu indépendant en 1960, Madagascar est aujourd'hui l'un des pays les plus pauvres du monde.
C'est dans le domaine de la santé que le retard est le plus significatif. Les centres de soins sont rares et souvent mal équipés, alors, lorsque l’on touche au domaine de la psychiatrie, on est là à des années lumières de ce qui se fait dans les pays développés.
Devant l'absence de structures, l'église luthérienne (majoritaire dans le pays) a comblé le vide avec une demi douzaine de centres psychiatriques sur l'île. On y pratique des méthodes très particulières pour soigner tous ceux qui souffrent de troubles mentaux. En effet, les malades sont enchaînés et ne sont jamais examinés par un psychiatre. Des exorcistes tentent de les guérir par des incantations et des prières, persuadés que leur mal est démoniaque. Plus que la folie, c'est le démon -"ennemi du christ" selon leur propres termes que les religieux cherchent à extirper des cerveaux de leurs patients. L’unique médecin du centre où le reportage a été effectué, généraliste est convaincue que c’est par la foi que les patients seront sauvés. Distribuant ces neuroleptiques avec parcimonie, elle explique : « Normalement la maladie spirituelle ça ne se traite pas avec les médicaments. »
Cette situation est déplorée par les autorités sanitaires mais l’église fait peur et les médecins psychiatres n’osent pas contester leurs confrères. « Ce sont des médecins généralistes qui prennent en charge des malades mentaux comme ils prennent en charge d’autres malades. Ils ne sont pas psychiatres. Nous ne sommes pas d’accord, pour ne pas dire contre cette pratique. »
L'exorcisme plutôt que les psychotropes, voici le thème de ce reportage de Myriam Bel-Yazid et Stéphane Rodriguez sur "Les enchainés de Madagascar".






Commentaires (1)
LOL
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