Dernière modification : 23/10/2008 

- Liban - Nicolas Sarkozy


L’Elysée s’empare du dossier libanais
L’Elysée s’empare du dossier libanais
Faute d’un accord politique, le Liban ne parvient pas à élire un nouveau président. Alors que la pression s’accentue sur le pays, l'Elysée a pris en main ce dossier.
Par Marc DAOU (texte)

Soucieux de prendre de la distance avec les méthodes de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy avait confié dès sa prise de pouvoir la gestion de la question libanaise à son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Fort de ses liens personnels avec le Liban, ce dernier a multiplié les voyages à Beyrouth en prenant soin de rencontrer des membres de la majorité et de l’opposition, mise entre parenthèses sous l’ère Chirac. Le Quai d’Orsay a même organisé cet été une conférence à la Celle-Saint-Cloud où des représentants des principaux partis libanais, y compris le Hezbollah ont vainement tenté de renouer un dialogue interlibanais au point mort.

La séance parlementaire consacrée à l'élection d'un nouveau président a été reportée pour la troisième fois, au 21 novembre prochain, soit à trois jours de la fin du mandat de l’actuel chef de l'Etat. Si le désaccord entre la majorité et l’opposition autour d’un candidat consensuel persiste, un vide du pouvoir pourrait aggraver une crise politique qui risque de s’étendre à la rue.

Paris renoue le contact avec Bachar el-Assad

La France qui redoute ce scénario, milite pour une élection dans les délais constitutionnels sur la base d'une entente entre les Libanais, « d'un président de large rassemblement dans le respect de la souveraineté et de l'indépendance du Liban », a souligné David Martinon, porte-parole de l'Elysée.

En envoyant à Damas le 4 novembre le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant et Jean-David Levitte, son conseiller diplomatique, Nicolas Sarkozy s’est impliqué directement dans le dossier en réorientant la diplomatie française. En effet, le dernier contact direct entre la France et le président syrien Bachar el-Assad remonte à mars 2004. Après l’assassinat en février 2005 de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, Jacques Chirac avait décidé de confiner le régime syrien à l’isolement. L’initiative élyséenne a reçu l’aval de l’administration Bush après la visite officielle du président français aux Etats-Unis, autre parrain de la majorité anti-syrienne. Au cours de la conférence de presse commune des deux chefs d’Etats, le président Bush s’est même déclaré « à l’aise » avec la reprise des contacts franco-syriens. Selon Sarkis Naoum, éditorialiste au quotidien Al-Nahar, « la bonne volonté de Kouchner n’a pas suffi à débloquer la situation mais il a labouré le terrain. En envoyant ses émissaires, Sarkozy a mis tout son poids dans la balance. Le marché proposé à la Syrie comprend en échange de sa non-ingérence une réhabilitation internationale et une coopération économique avec l’hexagone et l’Europe. Reste à savoir si le régime syrien a bien reçu le message du président français. Dans le cas contraire Sarkozy essuierait son premier camouflet diplomatique».

Après Damas, Guéant est envoyé à Beyrouth

Après avoir délivré un message ferme à la Syrie, Claude Guéant a été dépêché à Beyrouth pour y effectuer une tournée auprès des principaux leaders politiques afin de proposer un mécanisme qui pourrait faciliter la nomination des candidats à la présidentielle.

Le porte-parole de l'Elysée David Martinon a reconnu que "si le président décide d'envoyer son secrétaire général à Beyrouth, qui est son principal et premier collaborateur (...), c'est évidemment le signe que le président suit ce dossier d'encore plus près. C'est un signe très important". Cela veut-il dire que Bernard Kouchner a été dessaisi du dossier ? Pour dissiper les malentendus, Pascale Andréani, porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré à la presse que "la France est une", tout en précisant que Claude Guéant et Bernard Kouchner travaillaient à la "même mission". Cette visite du plus proche collaborateur du président Sarkozy est "parfaitement complémentaire des démarches qu'a entreprises et que continuera à entreprendre le ministre des Affaires étrangères", a encore précisé David Martinon. Bernard Kouchner est attendu cette semaine à Beyrouth pour constater les répercussions de la mission Guéant. La presse libanaise parle même d’une visite surprise du président français, si jamais un président est élu dans les délais.

Commentaires (1)

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La France et surtout Kouchner ont échoué au Liban...Ils se sont fait berné par les baasistes syriens

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