Dernière modification : 09/01/2008 

La diplomatie économique en marche
La diplomatie économique en marche
La première visite d'Etat du président francais Nicolas Sarkozy en Algérie, vue par la presse algérienne.
La presse algérienne a dévoilé les principaux objectifs attendus de la visite de Sarkozy en Algérie. Sur le plan politique, écrit le quotidien francophone privé El Watan, le président français veut avant tout manifester « sa solidarité et son soutien à l’Algérie qui a traversé en solitaire dix années de terrorisme islamiste et de violence ». Le second but est de proposer une refondation totale des relations entre les deux pays autour d’un tryptique : formation, investissement et échange. Une refondation qui passerait par la signature par les deux gouvernements d’un document global de coopération d’une validité de dix ans.
 
S’agissant de la controverse suscitée par les déclarations jugées antisémites du ministre des Moudjahidines (anciens combattants) Chérif Abbas, le climat semble désormais aller vers l’apaisement.   
 
Contrat pour la fourniture de gaz jusqu'à 2019
 
La parenthèse de la polémique fermée, la diplomatie des affaires reprend vite ses droits. La preuve : plus 120 chefs d’entreprises, parmi les plus importants du CAC 40, font le voyage avec Sarkozy. Un protocole d’accord sur la promotion des investissements sera signé, en plus de nombreux autres contrats dont la somme totale dépasserait les 5 milliards de dollars. Dans une interview accordée hier à l’Agence algérienne de presse (APS), le président français a indiqué que son pays cherchait désormais à concurrencer directement les investisseurs arabes, notamment Emiratis. Il a confirmé au passage l’investissement d’un milliard de dollars par Gaz de France dans le gisement de Touat et d’un milliard et demi de dollars par Total au sein des raffineries d’Arzew. Evoquant « l’interdépendance énergétique » entre la France et l’Algérie, M. Sarkozy a annoncé aussi la signature d’un gros contrat relatif à la fourniture du gaz qui va s’étaler  jusqu'à 2019.
 
Dans le domaine du nucléaire civil, M. Chekib Khelil, ministre algérien de l’Energie, a laissé entendre, lors d’une conférence de presse tenue récemment à Paris, que l’Algérie s’apprêtait à signer un accord de coopération global avec la France. Et même si la construction d’une centrale ne semble pas être à l’ordre du jour pour des raisons stratégiques, selon le même interlocuteur, l’accord va porter néanmoins sur l’assistance nucléaire et la création d’un institut algérien pour la formation et la recherche. Il sera dirigé par des experts français. Objectifs : maitriser les risques liés au nucléaire, former des ingénieurs compétents pour diriger un tel secteur.
 
Algérie « pays clé » dans le Maghreb
 
Dans le domaine des hydrocarbures, trois contrats globaux vont être paraphés. Le premier concerne l’extension jusqu'à 2019 de la validité de l’ensemble des conventions et accords commerciaux existant entre l’entreprise des hydrocarbures algérienne Sonatrach et Gaz de France. Le second a trait à la révision des prix du gaz et autres matières premières vendues à l’entreprise française. Enfin le dernier contrat touche à la commercialisation du gaz. Il prévoit d’autoriser Sonatrach à stocker son gaz naturel liquéfié (GNL) dans des terminaux marins français situés en Bretagne (Ouest de la France) pour être ensuite acheminé vers d’autres pays d’Europe et d’Amérique.
Considérant l’algerie comme un « pays clé » au sein du Maghreb, le président français devra multiplier les arguments pour convaincre Alger, réticente jusque-là, de l’importance du projet de « l’union de la méditerranée » après les résultats mitigés du processus de Barcelone.
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