OGM : la France décroche
Mercredi 12 décembre 2007
Les OGM sont-ils un danger, une menace ou une opportunité ? Politiques, chercheurs, industriels du secteur, s’affrontent sur cette problématique.
Mercredi 12 décembre 2007
Par Claire GiraudOGM : dangers, menaces ou opportunités ? Voilà, aujourd’hui en France l’angle sous lequel est abordé le débat OGM. Politiques, chercheurs, industriels du secteur s’affrontent sur cette problématique. Certains mettent en avant les risques sanitaires (allergies, résistances aux antibiotiques), d’autres préfèrent souligner les avantages des OGM (moins d’insecticides et d’herbicides). Difficile de trancher. D’ailleurs notre enquête ne prétend pas répondre à cette question. Nous avons préféré nous centrer sur un autre débat : l’état de la recherche française en biotechnologie végétale…Le constat est sans équivoque : la France décroche. Les biotechnologies végétales couvrent l’ensemble des méthodes et des outils qui permettent d’améliorer la santé des plantes. La transgénèse via les OGM (organismes génétiquement modifiés) est l’une des méthodes des biotechnologies végétales parmi tant d’autres.
1983 : c’est l’année des premières publications sur les OGM….qui sont, il faut le noter, françaises !!! 20 ans après, triste bilan : la recherche n’a pas progressé, pire elle a stagné. En 2007, sur les trois programmes OGM développés par l’ANR (agence nationale de la recherche), il n’y a que des projets permettant d’évaluer les impacts des OGM. Les risques monopolisent donc l’ensemble des subventions. Aucun projet sur le développement des applications n’a été déployé. C’est la recherche appliquée qui est touchée. « Il n’y a pas un seul chercheur public qui fasse de la recherche à vocation agronomique », déclare Guy Riba, directeur général délégué de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), invité sur notre plateau.
Direction les laboratoires privés : le problème est le même…Face au climat actuel, les entreprises françaises de biotech délocalisent de plus en plus leurs laboratoires de recherche. Nous nous sommes rendus chez Limagrain à Clermont Ferrand, dans le centre de la France. La pression anti-OGM est telle que cette multinationale française de semence, quatrième mondiale, envisage de développer ses activités de recherche « ailleurs » qu’en France. Or, si le privé se délocalise, il faut dire adieu aux synergies entre public et privé. …On arrive donc à un résultat surprenant : tout investissement dans la recherche publique profitera….aux sociétés privées étrangères et ne créera donc pas de richesses en France.
Les conséquences de cette faillite de la recherche sont multiples. Elles touchent évidemment les ressources humaines: perte du savoir et fuite des cerveaux. Par ailleurs, notons la baisse de 15% des étudiants en biologies entre 2001 et 2006 . La filière souffre d’une mauvaise image qui bride les vocations.
Autre conséquence nettement moins visible mais tout aussi inquiétante : la perte de la compétitivité de l’agriculture française. La souveraineté économique et politique de l’agriculture est directement menacée. Comme le souligne bons nombres de chercheurs, si la France n’innove pas, elle ne pourra pas garder sa capacité d’expertise notamment sur les projets OGM des autres pays. Il semble alors dangereux que tout le savoir et que toute la technologie soit réunis dans les mains d’un seul acteur : les semenciers anglo-saxons. Si la situation n’évolue pas, les multinationales imposeront leurs visions à l’agriculture européenne.
Sans recherche, pas d’innovation et c’est tout en pan de l’économie française qui est menacé…. « Dire non aujourd’hui c’est dire non jusqu’en 2025 » comme remarque Guy Riba. Nos actions ont donc des conséquences à moyen et à long terme….Demain, l’agriculture française et plus globalement européenne sera peut être en marge de l’agriculture mondiale.
Pour aller plus loin


17/02/2008 13:09:02 Signaler un abus
Le peuple décide.
Par antiOG -
Il n'y a aujourd'hui aucune raison de développer des OGM, si ce n'est la volonté pour quelques multinationales de contrôler la population.
Les brevets issus de ces OGM visent à mieux soumettre la population aux volontés de quelques uns. A vous lire, seule l'argent compte, pas les décisions du peuple.
Depuis des milliers d'années l'homme à vécu dans des zones arides et s'en sors du mieux qu'il peut, sans l'aide des OGM. Pourquoi vouloir innover en matière de culture? par manque de nourriture pour les populations à venir? arrêtons les jachères..
Nous possédons une extraordinaire diversités de culture et vous prétendez que les OGM sont une absolue nécessité?
Mensonges. Mieux vous contrôler voici la vrais raison de la culture d'OGM.
Vous désirez cultiver un OGM? alors vous appauvrirez votre terre et la rendrez infertile, et serez de plus la proie de votre unique vendeur qui vous soumettra alors sans force à sa volonté.