Deux ans et demi après le passage dévastateur de l’ouragan Katrina, La Nouvelle-Orléans renaît peu à peu de ses cendres. Le légendaire quartier français attire de nouveau les touristes, mais moins qu'avant. En août 2005, l’ouragan a entraîné l’inondation de la ville à près de 80 %, 1 500 personnes y ont trouvé la mort et des centaines de milliers d’autres ont dû trouver refuge dans les Etats voisins.
La Nouvelle-Orléans porte encore les stigmates de la catastrophe. Des zones entières ressemblent encore d’avantage à des zones dévastées qu’à des quartiers d’habitation.
Les aides se font attendre
La famille Fernandez vit au Lower Ninth Ward. Comme près des deux tiers des anciens habitants qui ont dû partir en catastrophe, elle a décidé de revenir et reconstruire. Poussée, en partie, par l’assurance gouvernementale d’une aide financière, elle a multiplié les démarches. Et depuis près d’un an, elle attend, mais ne voit rien venir.
Pour les populations les moins favorisées, cette réinsertion dans leur ancienne vie, ou leur ancienne maison, est un vrai parcours du combattant. Seuls 40 % des personnes éligibles à l’aide à la reconstruction ont reçu de l’argent pour l’instant. Du président Bush jusqu’au maire de La Nouvelle-Orléans, nombreux sont les hommes politiques à cristalliser les critiques de ces déshérités de Katrina. Ray Nagin est accusé de ne s’intéresser qu’au vieux centre historique et faire peu de cas de la partie la moins aisée de la population. A la municipalité, pourtant, on estime qu’un bon bout de chemin a déjà été parcouru et le premier magistrat se défausse sur l’Etat quant la question du financement pour les plus pauvres est abordée.
En attendant, ceux qui ont tout perdu doivent souvent se contenter d’habitations de fortune. Des caravanes dans des camps mis en place par l’Agence fédérale de gestion des urgences, La Fema. Mais le temps est compté : l’organisme public a décidé de fermer plusieurs de ces camps… Les plus chanceux ont déjà trouvé un domicile et bénéficieront d’une aide au loyer pendant quelques mois.
Le travail pose également un problème majeur. Après Katrina, La Nouvelle-Orléans a connu un afflux important de travailleurs, souvent clandestins, mexicains bien moins chers à embaucher que la main-d’œuvre locale. A tel point qu’on parle aujourd’hui d’une redéfinition démographique de la ville historiquement à majorité afro-américaine. La plus part des 100 000 habitants qui ne sont pas revenus sont noirs.
Pour certains qui ont tout perdu sauf la foi, peut-être, il y a toujours l’Eglise en dernier recours. Des bénévoles de tout le pays, souvent affiliés aux églises, participent à la reconstruction.
Les digues réparées
Si la communauté noire a été particulièrement touchée par Katrina, car elle est concentrée dans la partie basse de La Nouvelle-Orléans, certains quartiers blancs n’ont pas été épargnés. Les services publics pâtissent aussi de la lenteur de la reconstruction. Certains pompiers sont contraints de travailler dans une caravane, faute de casernes en état. Des écoles investissent les préfabriqués en attendant de pouvoir remettre à neuf leurs locaux. Dans toute La Nouvelle-Orléans les infrastructures commencent à peine à se remettre en place.
Mais la ville ne s’est pas occupée que de sa façade touristique et de son vieux centre. Des travaux de fonds et de prévention ont été effectués. Les digues qui avaient cédé ont été remises en place. Et elles sont aujourd’hui plus solides qu’avant. Autre bonne nouvelle, le Congrès américain s’est récemment opposé avec succès au véto du président Bush à des fonds supplémentaires pour renforcer les digues et les barrages de La Nouvelle-Orléans, et le corps d’ingénierie de l’armée américaine a enfin assez d’argent pour effectuer les réparations nécessaires. D’ici à 2011, La Nouvelle-Orléans devrait être ainsi protégée des caprices meurtriers de mère nature pour les cent ans à venir.






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