Le vin français en déclin ?
Dimanche 23 décembre 2007
Jamais la compétition mondiale sur le marché du vin n'a été aussi dure et sur son trône, le « roi » France vacille.
Dimanche 23 décembre 2007
Par Claire GIRAUDC’est le symbole de l’art de vivre à la française !!! La France s’est longtemps gargarisée de faire rêver le monde entier avec la richesse de son secteur viticole. Qui n’a jamais entendu parler d’un Dom Pérignon, d’un Margaux ou d’un Mouton Rothschild ? Pourtant aujourd’hui le constat est sans appel : en France le marché du vin est en déclin.
Les viticulteurs français doivent désormais faire face à une concurrence de plus en plus forte….En 2005, l’Italie et l’Espagne ont détrôné la France de son rang de premier exportateur mondial (source Eurostat). Mais aujourd’hui la menace vient surtout du nouveau monde : les exportations françaises reculent face à des pays comme les Etats-Unis, l’Argentine, le Chili… Ces nouveaux pays alimentent désormais 20% des échanges mondiaux alors qu’ils n’en détenaient qu’une infime partie au début des années quatre-vingt. Un nouvel ordre mondial s’est établit.
Comment en est-on arrivé là ? La crise du vignoble français s’explique par une conjoncture exécrable mais également par le poids institutionnel. Commençons par la conjoncture. La forte hausse de l’euro et la dégradation de l’image française dans certains pays (crise irakienne en 2003) pénalisent les exportations de vins français….Mais c’est avant tout les aspects structurels qui expliquent la baisse de la compétitivité du vignoble français. Nos vignerons subissent une réglementation archaïque. Le système des AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) apparaît comme un frein. Avec plus de 400 appellations, la réglementation dans la filière viticole est confuse et manque de visibilité. A l’inverse, les vins étrangers bénéficient de méthodes de vinification ultralibérales : ajout de copeaux de bois de chêne, extrême souplesse dans le choix des cépages, autorisation d’arrosage…Résultat : ce sont des vins légers, fruités, accessible pour le consommateur lambda… Des « vins sympathiques à boire », comme le résume Alain Marty, président du Wine&Business Club et invité sur notre plateau. Un autre paramètre avantage sérieusement les concurrents : le coût de la main d’œuvre. Selon les pays, il peut être deux à cinq fois moins élevé qu’en France.
Avec des règles souples associées à un faible coût de la main d’œuvre, les producteurs étrangers ont toutes les cartes en main pour élaborer des vins plus compétitifs…Et qui sont, en plus, épaulés par un véritable savoir faire marketing. Les concurrents savent vendre leurs vins, être à l’écoute des attentes du consommateur, de leurs envies. Les français doivent-ils s’en inspirer ? Pour cette enquête, nous nous sommes rendus chez Robert Mondavi Winery, dans la Napa Valley en Californie…Accueil de qualité, visite de la propriété…les américains soignent leurs hôtes !!!!
On assiste à une polarisation du secteur : le marché grand public et le marché haut de gamme. La concurrence se situe à deux niveaux et répond donc à deux logiques: une logique de coût pour le marché grand public et une stratégie de luxe pour le haut de gamme… Mais comme l’illustre notre reportage, quel que soit le marché, la mondialisation est devenue un phénomène incontournable. Nous nous sommes rendus aux Hospices de Beaune pour constater ce phénomène révélé par Nossiter dans Mondovino. Depuis deux ans, c’est le franco-américain Christie qui gère la célèbre vente aux enchères….
Soyez le premier à réagir.
Pour aller plus loin

