Le fils de Benazir Bhutto a pris dimanche la succession de sa mère à la présidence du principal mouvement d'opposition au Pakistan, qui a annoncé dans la foulée sa participation aux législatives du 8 janvier, sur lesquelles pèse toutefois la menace d'un report.
Bilawal Zardari, âgé de 19 ans seulement, a été "nommé président" du Parti du peuple pakistanais (PPP) et le veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari, "co-président", a déclaré à l'AFP un haut responsable du parti.
Bilawal a aussitôt juré de venger la mort dans un attentat suicide jeudi de sa mère, la principale figure de l'opposition, en luttant pour la démocratie : "ma mère a toujours dit que la démocratie était la meilleure vengeance", a-t-il lancé.
Le PPP, dont le comité exécutif s'était réuni à la résidence de la dynastie Bhutto à Naudero, dans la province méridionale du Sind, a demandé une enquête de l'ONU sur cet assassinat, sur le modèle de celle menée pour le meurtre de l'ex-Premier ministre libanais Rafiq Hariri.
Benazir Bhutto avait désigné son mari pour lui succéder à la tête du parti, mais celui-ci a laissé ce poste à leur fils, a-t-on appris au sein du PPP.
Parallèlement, le Parti du peuple pakistanais a annoncé qu'il se présenterait aux élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier, exhortant l'ex-Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, à la tête du second parti de l'opposition, la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), à faire de même.
Semblant répondre à cet appel, le parti de Nawaz Sharif a peu après fait savoir par un porte-parole qu'il prendrait également part au scrutin, alors qu'il avait rendu publique dès jeudi soir son intention de le boycotter.
La tenue de ces élections demeurait cependant incertaine. La Commission électorale et le principal parti qui soutient le président Pervez Musharraf ont laissé entendre samedi et dimanche que le scrutin serait probablement reporté, en raison de la mort de Benazir Bhutto et des troubles qui ont agité le pays.
La Ligue musulmane du Pakistan-Qaïd (PML-Q), pilier de la coalition soutenant le chef de l'Etat pakistanais, Pervez Musharraf, a dit avoir "suspendu sa campagne en raison de la situation qui prévaut" depuis la mort de Mme Bhutto.
"Un report de 10 à 12 semaines" des législatives "est une option réaliste", a ajouté Tariq Azim, ancien ministre et porte-parole du mouvement.
La décision revient en théorie à la Commission électorale, qui doit se réunir d'urgence lundi à Islamabad, et qui avait d'ores et déjà annoncé samedi que le processus électoral était "défavorablement affecté" par la mort de Mme Bhutto et les émeutes et violences qui ont paralysé ce pays de 160 millions d'habitants, doté de l'arme nucléaire.
Certains s'attendent à ce que la situation empire dès lundi, au terme des trois jours de deuil national décrétés par M. Musharraf. Et ce même si les grandes villes du Pakistan ont connu dimanche un timide retour à la normale, constaté par des journalistes de l'AFP.
Quelques boutiques ont commencé à rouvrir ainsi que des stations-services à Karachi, la mégalopole du sud de 12 millions d'habitants, fief du parti de Benazir Bhutto et la ville la plus touchée par les violences qui ont fait au moins 38 morts en trois jours dans le pays.
Les partisans de Mme Bhutto accusent des éléments proches du camp Musharraf d'avoir "tué" leur chef, au mieux en négligeant sa sécurité, au pire en orchestrant son assassinat.














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