Au moins douze personnes ont été tuées, dont neuf soldats et un enfant, et une quarantaine blessées dans l'explosion d'une bombe près d'un bus mercredi à Tripoli, l'un des attentats les plus sanglants ces dernières années au Liban.
L'attentat s'est produit à quelques heures de la visite en Syrie de Michel Sleimane, la première d'un président libanais depuis le retrait syrien du Liban en 2005. Le général Sleimane avait quitté ses fonctions de chef de l'armée pour être élu à la présidence de la République en mai.
M. Sleimane a, dans un communiqué, condamné l'attaque "terroriste", affirmant que les forces de sécurité "ne vont pas plier devant les tentatives visant à les terroriser" et appelant les services de sécurité à "redoubler d'efforts" pour empêcher la répétition de tels actes.
La bombe a explosé le matin à proximité d'un bus civil transportant notamment des soldats, dans la rue commerçante des Massarif, en plein centre de Tripoli, la grande ville du nord du Liban.
"L'enfant, âgé de huit ans, qui cirait des chaussures près du lieu de l'attentat a succombé à ses blessures à l'hôpital portant le bilan à douze morts", a déclaré un responsable de la sécurité sous couvert de l'anonymat. "Neuf soldats figurent parmi les tués".
Une quarantaine de personnes ont été blessées mais seules 17 restent hospitalisées, dont certaines sont dans un état grave, selon lui.
Des lambeaux de corps ont été projetés par la puissance de l'explosion sur les toits des bâtiments proches.
Selon les premières estimations, "20 kg de matières explosives" ont provoqué la déflagration, a indiqué le responsable de la sécurité. "Il n'a pas encore été établi si la bombe a été actionnée à distance ou par un système de minuterie".
La rue où s'est produit l'attentat est distante d'environ 1,5 km du quartier de Bab el-Tebbaneh, lieu des affrontements confessionnels qui ont secoué régulièrement Tripoli depuis mai et fait 23 morts.
Le député de Tripoli, Mesbah al-Ahdab, a déclaré à la radio: "Maintenant ce sont le peuple et l'armée qui sont visés alors qu'auparavant les députés l'étaient".
Il faisait allusion à la vague d'attentats qui ont visé des députés et personnalités libanaises depuis celui qui avait coûté la vie en février 2005 à l'ex-Premier ministre Rafic Hariri à Beyrouth. Ces attentats ont été imputés par la majorité libanaise antisyrienne à la Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban.
L'attentat de Tripoli est survenu au lendemain du vote de confiance accordé par le Parlement au gouvernement d'union nationale dirigé par Fouad Siniora.
Ce gouvernement formé le 11 juillet est le premier mis en place après une longue crise politique entre la majorité, soutenue par l'Occident et la plupart des pays arabes, et l'opposition, appuyée par Damas et Téhéran. La crise avait dégénéré en mai en affrontements violents, faisant 65 morts, et le pays avait failli basculer dans une nouvelle guerre civile.
Les combats à Tripoli, qui ont cessé fin juillet, avaient opposé à plusieurs reprises des sunnites à des habitants appartenant à la communauté alaouite, une branche du chiisme, dans plusieurs quartiers de la ville côtière.
L'armée avait ensuite dépêché des renforts dans les zones des affrontements, le quartier alaouite de Jabal Mohsen -dont les habitants soutiennent majoritairement l'opposition dirigée par le Hezbollah-, et Bab al-Tebbaneh, à majorité sunnite et un fief de la majorité.
A Tripoli, l'antagonisme entre sunnites et alaouites remonte à la guerre civile (1975-1990) où Bab al-Tebbaneh était devenu un refuge pour des habitants de la ville syrienne de Homa, rasée en 1982 par le régime de l'ancien président Hafez al-Assad après une insurrection islamiste.
En 1986, les forces syriennes, qui occupaient le Liban, avaient pénétré dans Bab al-Tebbaneh, y tuant 300 personnes avec l'aide des alaouites de Tripoli.


















Commentaires (2)
Tripoli?
Il me semblait que Tripoli etait en Lybie...
Le point qui m’étais difficile à atteindre,
Reportez vous au texte qui comporte le passage « … d’un fils qui prend la succession de son père», pour comprendre que je peux affirmer que c’est aussi déontologiquement un médecin.
Cet évènement odieux, est cause d’une alternative complètement inutile (car ne comporte aucune option) mais qui est surtout malsaine (insertion d’intermédiaires mal veillant et/ou terrorisme pour attiser la haine et/ou la colère).
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