Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

#ActuElles

Sport : à quand la parité ?

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

Colorado : la ruée vers le cannabis

En savoir plus

MODE

Mode masculine hiver 2015 à Paris, les libertés d'expression triomphent

En savoir plus

FOCUS

Législatives en Grèce : un scrutin décisif

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Manchester City-Côte d'Ivoire au Mondial : Yaya Touré se confie à FRANCE 24

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Libération des humanitaires à Bangui : Le chef anti-balaka Andilo ne sera pas relâché

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Abdallah, "grand défenseur des femmes" selon Christine Lagarde

En savoir plus

TECH 24

Alan Turing, le casseur de codes

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Lassana Bathily, un héros désormais français

En savoir plus

Le Kenya sombre dans la violence

Dernière modification : 26/01/2008

Depuis les élections présidentielles, des centaines de Kényans ont perdu la vie dans des affrontements. FRANCE 24 vous donne les clefs pour comprendre ce conflit.

Un conflit ethnique ? La vague de violences qui s’abat sur le Kenya depuis les élections présidentielles oppose principalement les Kikuyu et les Luo, deux des principaux groupes ethniques d’un pays qui en compte 42 sur un total de 34 millions d’habitants.

les principales ethnies kényanes sont :
- Kikuyu (22%)
- Luyo (14%)
- Luo (13%)
- Kalenjin (12%)
- Kamba (11%)

Pour autant, les soutiens politiques des deux candidats ne se dessinent pas entièrement selon des lignes de partage ethnique. Raila Odinga bénéficie du soutien des Luo, mais aussi d’autres groupes, comme les Luyo, deuxième groupe ethnique du pays. Et dans le sud-ouest du pays, la BBC rapporte que ce sont des Kalenjin, pourtant représentés par un autre candidat, qui s’en sont pris aux Kikuyu.

Le conflit en apparence ethnique est fortement politique.
Les deux hommes politiques au centre de ce drame, le président sortant Mwai Kibaki et son opposant Raila Odinga, avaient en effet scellé un pacte de partage du pouvoir lors de la transition démocratique qui avait mis fin à la dictature de Daniel Arap Moi, en 2002. Pacte renié par Kibaki qui, en accédant à la présidence en 2002, n’avait pas nommé Odinga Premier ministre. Traditionnellement, la domination politique des Kikuyu – à laquelle appartenait notamment le père de la nation Jomo Kenyatta – est à la source de ressentiments de la part des autres groupes kényans. D'autant que, dans ce pays où la corruption est très répandue, pouvoir politique rime souvent avec pouvoir économique.

Les facteurs économiques
ont également leur importance dans les troubles qui ont suivi les élections. Si le pays a connu une croissance honorable au cours des dernières années (6,1% en 2006), les Kényans restent en majorité très pauvres, et la persistance des inégalités nourrit une forte frustration au sein de la population. Alors que trois personnes sur quatre vivent de l'agriculture, cette activité ne représente que 20% du PIB.
 

Le risque d’une guerre ethnique existe-t-il vraiment ?
Les experts sont divisés sur la question. Sur le plateau du Débat de FRANCE 24, Vincent Hugeux, grand reporter et spécialiste de l’Afrique à l’hebdomadaire L’Express, rappelle l’histoire de violence politique du Kenya. « Les électeurs kényans votent en fonction de l’ethnie pour 40% d’entre eux. Le Kenya a une histoire politique de violence : rappelons l’assassinat d’un ministre des Affaires étrangères, un Luo, en 1990, la tentative de coup d’Etat manqué qui avait débouché sur des affrontements sanglants en 1982 et la responsabilité de Daniel Arap Moi qui a tenu en autocrate les rênes de ce pays et a toujours joué sur les antagonismes ethniques dans la vallée du Rift, l’épicentre de la violence encore aujourd’hui. »

Pour Martha Stein-Sochas, directrice adjointe du département Afrique de l’Agence française de développement, la culture politique kényane peut aider le pays à traverser cette crise. « Il existe une culture du dialogue au Kenya. Les discussions sont certes turbulentes, mais il y a un vrai débat au Parlement. Si les deux leaders politiques, qui se connaissent bien, décident de prendre leurs responsabilités et se tendent la main, il y a une capacité à surmonter cette crise par le dialogue. »

Première publication : 04/01/2008

COMMENTAIRE(S)