Jusqu'au dernier moment, la surprise. La victoire d'Hillary Clinton aux primaires démocrates du New Hampshire. Son large sourire à son arrivée sur le podium. Et les regards des journalistes presque circonspects de s'être laissés duper par les sondages qui donnaient Barack Obama largement vainqueur.
Les deux hameaux de Harts Location et de Dixville Notch ont été les premiers à voter à minuit. Une tradition locale née dans les années 40 pour permettre aux conducteurs de train de pouvoir remplir leur devoir civique… Leurs vacations terminant et commençant à minuit, il leur était impossible de placer leur bulletin dans l'urne en même temps que le reste du hameau. Alors, on a changé les horaires du vote. Pour eux.
Les habitants inscrits sur les listes électorales de ces deux hameaux se sont largement prononcés en faveur du sénateur de l'Illinois. Là, on le savait, Harts Location et Dixville Notch n’ont, dans le passé, jamais voté en faveur de celui ou de celle qui l'a emporté au final. Mais la plupart d’entre nous n’a retenu que le large écart entre Barack et la sénatrice de New York à la sortie des urnes dans ces deux petites localités du nord de l’Etat.
Mais ce mardi a été la journée des QG. Et pour tout vous dire, un QG de candidat, c’est grand comme l’Amérique. Celui de John McCain, pour la deuxième fois, c’était au cœur du Crown Plaza hôtel de Manchester. Mille personnes pour l’acclamer, 300 journalistes du monde entier pour observer la scène. Et à chaque apparition du candidat à l’investiture républicaine, les cris du public, "Mac is back !" et des petits drapeaux américains que l’on agite de toutes ses forces. L’Amérique, c’est lui. Mais le bonhomme n’est pas apparu en joie. Au contraire, il était presque triste, voire ennuyé d’avoir gagné. A n'y rien comprendre.
Lorsque Barack Obama apparait devant ses militants, il est accompagné de sa femme, Michele. Ce qui frappe, sa beauté. Michele Obama est radieuse. Elle prend son mari dans ses bras, colle son visage un instant contre son dos, se détache, il se retourne, échange un baiser avec elle et les voilà qui s’étreignent devant la foule en délire. Ils s’aiment, ils sont heureux. L’Amérique ce soir, c’est ce couple épanoui. Une romance.
La gagnante apparait seule sur le podium. Les caméras la filment en plan rapproché donnant à la foule de militants l’impression de rassembler des milliers d’hommes et de femmes. "Oui, tout cela, c’est grâce à vous" semble-t-elle leur souffler. Elle lève les bras, lance son plus large sourire à la foule, interpelle certains du regard, parfois pointant du doigt vers un visage connu. Puis elle parle, avec le ton sérieux, presque professoral de celle qui vient de remporter une bataille. Et qui se prépare déjà à la suivante. Alors oui, l’Amérique, c’est elle. Une femme qui ne doit sa victoire qu’à sa persévérance, qu’à son travail acharné.
Les autres candidats à l’investiture passent finalement presque inaperçus. Même Mitt Romney qui garde encore ses chances de percer chez les Républicains. La course à l’investiture n’est pas terminée. Elle ne fait que commencer.






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