L'Irak réhabilite les anciens du Baas
Samedi 12 janvier 2008
Le Parlement irakien a fait un pas vers la réconciliation nationale en approuvant à l'unanimité une loi sur la réhabilitation des anciens du parti Baas de Saddam Hussein. Le président américain salue un "pas important ".
Samedi 12 janvier 2008
Par AFPLe Parlement irakien a approuvé samedi une loi sur la réhabilitation des anciens membres du parti Baas de Saddam Hussein, une mesure très attendue en faveur de la réconciliation nationale.
Les 143 parlementaires présents à l'Assemblée, qui compte au total 275 députés, ont mis de côté leurs différends pour adopter à l'unanimité la "Loi sur la Justice et la Transparence" devant permettre de réintégrer dans la vie publique les anciens membres du parti Baas qui n'ont pas commis de crimes et n'occupaient pas des postes de direction.
Le vote de ce texte, qui était en souffrance depuis des mois au Parlement, était réclamé avec insistance par Washington.
"Cette loi donne à des membres du cercle de décision du Baas n'ayant pas commis de crimes le droit à une pension de retraite et aux autres la possibilité de réintégrer" la fonction publique, sauf certains postes de direction, a déclaré à l'AFP Falah Hassan Chanchal, chef du comité parlementaire de "débaassification".
Cette loi stipule également que seront "punis" les anciens membres de ce parti reconnus coupables de crimes et que les "victimes du parti Baas pourront saisir des tribunaux spéciaux pour obtenir des compensations", une mesure réclamée par des responsables chiites.
"Un Conseil sur la justice et la transparence doit être en outre mis sur pied pour empêcher tout retour au pays de l'influence et de l'idéologie baassiste."
La "débaassification", voulue par l'administrateur américain Paul Bremer peu après l'invasion américaine de mars 2003, et la dissolution de l'armée avaient mis à la rue des centaines de milliers d'Irakiens et alimenté les rangs de l'insurrection sunnite.
Les chiites radicaux, notamment les partisans du jeune chef Moqtada Sadr, avaient dénoncé cette loi en arguant que jamais les victimes du régime de Saddam Hussein, dont nombre de chiites, n'ont été dédommagées et qu'il faudrait leur donner la priorité.
D'anciens membres du parti Baas avaient également critiqué cette loi, estimant qu'elle risquait de les désigner à la vindicte des chiites, qui dominent le gouvernement de Bagdad et les forces de sécurité irakiennes.
Sous le régime de l'ancien président sunnite exécuté en décembre 2006 pour des crimes commis contre des villageois chiites, l'affiliation au parti Baas était nécessaire à quiconque voulait occuper un poste de responsabilité.
Cette loi était jugée par Washington cruciale pour le processus de réconciliation nationale, notamment entre chiites et sunnites. L'Irak a connu des violences sectaires sans précédent après l'attentat contre un mausolée chiite de Samarra en février 2006.
D'autres lois très attendues par Washington sont en souffrance au Parlement, dont celle sur le budget 2008 et la répartition des richesses pétrolières.
Né en 1947 en Syrie, le Baas défend l'idée d'un nationalisme arabe teinté de socialisme. Il est arrivé au pouvoir en Irak en 1968 et s'y est maintenu jusqu'à l'invasion américaine de mars 2003.
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