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La police tire à balles réelles

Dernière modification : 27/01/2008

Deux personnes issues de l'opposition ont été tuées par balle à Kisumu lors de manifestations. La veille, le candidat de l'opposition était élu à la tête du Parlement. (Reportage : V. Herz)

Le Kenya a été le théâtre mercredi d’un nouveau bras de fer entre la police et le mouvement de l’opposition, qui avait appelé à trois jours de manifestations. Malgré l’interdiction gouvernementale, les partisans de Raila Odinga ont manifesté contre le président Mwai Kibaki dans plusieurs villes du pays. La répression a été particulièrement musclée à Kisumu, fief de l’opposition à l’ouest du pays. Deux manifestants ont été tués et plusieurs autres ont été blessés par balles, selon les déclarations d'un haut responsable de la police locale à l'AFP. Selon les correspondants de FRANCE 24 Cyril Vanier et Virginia Herz, un calme précaire est revenu en fin de journée à Nairobi après que la police ait vidé le centre-ville en dressant des barrages. 
 
 
Toujours selon nos correspondants, la police a chargé à la mi-journée un groupe de 200 à 300 manifestants qui tentaient de quitter le bidonville de Mathare pour rejoindre le centre-ville de la capitale. La police a utilisé du gaz lacrymogène pour faire reculer les manifestants, faisant même usage de balles réelles selon l’AFP. Armés de machettes, les manifestants scandaient "Sans Raila (Odinga), pas de paix !". On dénombre plusieurs blessés. Tout comme à Kibera, autre bidonville de Nairobi, où trois hommes ont été visés aux jambes par balles, selon un journaliste de l'AFP. Les protestants tentaient de rejoindre le parc Uhuru, le plus grand du centre-ville pour répondre à l’appel du Mouvement démocratique orange (ODM), qui accuse Mwai Kibaki de fraudes électorales.
 
 
En dépit des victimes, Raila Odinga a maintenu l'appel aux manifestations jeudi et vendredi. "Rien ne nous empêchera d'organiser de telles manifestations", a déclaré le candidat malheureux à la présidentielle, lors d'une conférence de presse à Nairobi. "Les Kényans continueront à demander le respect de leurs droits de manifester inscrits dans la Constitution". Nos correspondants parlent de manifestations sporadiques qui ne regroupent que 200 à 300 personnes.
 
 
Ils estiment par ailleurs que les violences sont beaucoup moins violentes qu’en début d’année. Au moins 700 personnes avaient été tuées lors des émeutes, de raids de la police et de violences tribales après la réélection de Mwai Kibaki.
 
 
Lors de première session du Parlement mardi, l'opposition a obtenu une victoire hautement symbolique pour ses partisans, en remportant le prestigieux poste de président du Parlement. Aucun parti ne bénéficie actuellement d’une majorité parlementaire.

 

Première publication : 16/01/2008

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