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Répression sanglante au Kenya

Dernière modification : 26/01/2008

Lors de la troisième journée des manifestations, la police a violemment réprimé les manifestants. Les autorités font état de cinq morts. Reportage à Matharé auprès des déplacés de V. Herz.

Le bilan des violences s'alourdit au troisième jour de manifestations au Kenya avec neuf nouvelles victimes. Dans l'après-midi quatre manifestants ont été tués à Kibera, un bidonville près de Nairobi, selon des sources poilcières citées par l'AFP. Par ailleurs, trois corps ont été découverts vendredi à Narok, au sud-ouest du pays et un autre à Mobasa, à l'est. En trois jours, le bilan total des victimes s'élève à 24 morts, selon des sources policières.


En début d'après-midi à Nairobi, la situation était "plutôt calme", selon Virginie Herz, envoyée spéciale de FRANCE 24. Les partisans de l'opposition qui contestent l’élection du président Kibaki s'étaient, selon elle, peu rassemblés dans la capitale "en partie à cause de la pluie". De plus, les forces de police étaient déployées un peu partout en ville, y compris dans les bidonvilles, pour prévenir toute "tentative de manifestation qui serait immédiatement réprimée."

 
Enfin, Virginie Herz précise que "les classes moyennes sont lasses de ces violences et craignent l'impact économique de ces manifestations." A Nairobi, la police paramilitaire a pris position dans le bidonville de Mathare, où des manifestants ont été tués jeudi lors d’affrontements alors qu'elle était restée mercredi et jeudi en dehors du bidonville, d’après l’envoyé spécial de FRANCE 24 Cyril Vanier. 

 
Les manifestations ont été organisées à l'initiative de l'Organisation démocratique orange (ODM) qui dénonce la réélection du président Mwai Kibaki, intervenue le 27 décembre 2007. Face au nombre de victimes, le chef de l’opposition Raila Odinga a dénoncé jeudi l’intervention de la police qui " tire à volonté sur des civils innocents ".


Les manifestations devraient prendre fin vendredi soir, selon les déclarations du porte-parole du Mouvement démocratique orange (ODM) Salim Lone, qui a avertit que de nouvelles formes de résistance étaient prévues. " L’opposition va privilégier d’autres modes d’action, notamment des grèves ciblées et le boycott des entreprises appartenant à des proches du président Kibaki ", a-t-il déclaré, avant d’ajouter : "ces derniers jours ont été très douloureux  et nous avons beaucoup de morts inutiles et de souffrances ".


Selon un rapport publié vendredi et rédigé par une coalition d'organisations africaines, des responsables de la Commission électorale kényane (ECK) ont manipulé de certaines circonscriptions afin d'assurer la victoire au président sortant Mwai Kibaki. Ce document, intitulé "Le compte à rebours vers la fraude: les 30 heures qui ont détruit le Kenya", énumère les "anomalies, négligences et illégalités commises dans au moins 49" des 220 circonscriptions du pays et qui sont "suffisantes pour modifier les résultats de l'élection présidentielle".

 
Jeudi soir, les eurodéputés ont de leur côté demandé jeudi le gel de toute aide budgétaire au gouvernement kényan dans l’attente d’une résolution de la crise politique. Ils réclament aussi de Mwai Kibaki qu'il organise de nouvelles élections au cas où un nouveau comptage des voix s'avère impossible. Mais, d’après Virginie Herz, envoyée spéciale de FRANCE 24 au Kenya, " le président ne semble pas être déstabilisé outre mesure par ces annonces ".


Le Kenya, autrefois calme et prospère, est plongé dans la violence depuis fin décembre dernier. Au moins 700 personnes ont été tuées et plus de 200 000 déplacées depuis le début de la crise.

Première publication : 18/01/2008

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