Une compétition mondialisée
Vendredi 18 janvier 2008
La CAN 2008 gagne en médiatisation. Son audience cumulée représente plus de deux milliards de téléspectateurs. De quoi susciter l'intérêt des sponsors.
Dossier La Coupe d'Afrique des nations 2008Vendredi 18 janvier 2008
Par Youssef Zerarka / FRANCE 24Le site officiel de la Fédération internationale de football vient de mettre en ligne le "classement mondial FIFA". Les dirigeants de la Confédération africaine de football (CAF) ne peuvent que se féliciter de la 19e place occupée par le Nigeria. Un rang qui lui vaut de figurer dans le très envié "Top 20" du football mondial.
Derrière les "Green Eagles", neuf autres nations africaines s’affichent parmi par les "50" premiers. Le Cameroun (25e), la Guinée (33e), l’Egypte (35e), la Côte d’Ivoire (38e), le Maroc (39e) – pour ne citer qu’eux – se classent dans le sillage des grandes terres de football international. Du jamais vu depuis le lancement de ce challenge qui, hors Coupe du monde, fait office de baromètre du rapport de force du football mondial.
Le challenge de la FIFA ne pouvait si bien tomber. Etabli la veille de la Coupe d’Afrique des nations, il vient rappeler que l’Afrique ne peut être réduite au seul classement "PMA" (Pays les moins avancés) et aux derniers rangs du classement de développement de l'ONU.
De Khartoum à Accra, que de chemin parcouru !
Forte d’une image désormais établie, la Coupe d’Afrique s’impose au rang des évènements sportifs internationaux à forte exposition médiatique. De l’édition inaugurale en 1957 à Khartoum à celle du Ghana, un long chemin a été parcouru. Autant la première, simple tournoi triangulaire entre l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie, s'est déroulée dans l'anonymat le plus total, autant la dernière est créditée d'un potentiel marketing planétaire.
"On n'en est plus à la Coupe d'Afrique visible sur le seul continent africain. A l'aube du XXIe siècle, la compétition fait partie intégrante de l'offre sportive des télévisions internationales avec tout ce que cela vaut comme retombées positives", explique à FRANCE 24 le vainqueur de l'épreuve (1990) et le champion d'Europe des clubs avec le FC Porto, l'Algérien Rabah Madjer.
Avec 16 concurrents, les images de la compétition s'inviteront, via les chaînes internationales, dans les foyers du monde entier. Organisée en Egypte, la dernière édition (2006) a drainé quelque deux milliards de téléspectateurs en audience cumulée, selon Sportfive, la société qui gère les droits TV et de marketing de la CAF.
Une compétition à 50 millions de dollars
En 2001, la CAF avait attribué à Sportfive les droits des éditions 2002, 2004, 2006 et 2008 de la CAN, ainsi que ceux de la Ligue des champions des clubs pour un montant estimé, selon le quotidien "Le Monde", à 50 millions de dollars. Quinze ans plus tôt, le montant des droits ne dépassait guère les... 300 000 dollars. Sportfive les a revendus ensuite à des diffuseurs régionaux : Eurosport pour l'Europe, le groupe arabe ART pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, l'opérateur sud-africain de téléphonie mobile MTN pour l'Afrique subsaharienne.
Conséquence de cette exposition, la Coupe d'Afrique a acquis une valeur marchande potentielle. Lors de l'édition de Tunis en 2004, les revenus liés au sponsoring étaient estimés à quelque 5 millions de dollars par édition. Les gains ont été jugés tellement intéressants qu’en octobre 2007, Sportfive a inscrit son partenariat avec la CAF sur le long terme.
La société s'est assurée le label d'"agent exclusif de la CAF pour l'ensemble de ses droits marketing et médias" de 2009 à 2016. Le contrat, dont le montant n'a pas été révélé, porte sur la Coupe d'Afrique des nations 2010, 2012, 2014 et 2016, la Ligue des champions 2009-2016, la Coupe de la CAF 2008-2016 et le Championnat d'Afrique juniors 2009-2016.
La France fortement représentée
Au Ghana, la Coupe d’Afrique servira de vitrine à l’ "Afrique du football". "Cette CAN du Ghana va être bien plus médiatisée et suivie que les précédentes, prédit l’Ivoirien de Chelsea Didier Drogba dans une interview au bihebdomadaire 'France Football'. C’est sûr que l’attention va se porter davantage sur notre continent, ses joueurs et ses compétitions."
A l'heure de la mondialisation, l'"Afrique du football" n'échappe pas à la règle. Tendance déjà très perceptible depuis une décennie, la majorité de l'élite continentale joue ailleurs. Sur les 368 joueurs engagés au Ghana, 211 portent les maillots de clubs européens. Une véritable diaspora footballistique synonyme d'intérêt pour le talent africain.
Le Camerounais Samuel Eto'o, l'attaquant vedette du FC Barcelone, y voit la preuve d'une marque de déférence. "C'est évident, le football africain me parait maintenant davantage respecté. De plus en plus d'Africains figurent dans l'équipe-type de grands clubs européens (…) L'Afrique a grandi, pas seulement au niveau du jeu, au niveau des mentalités aussi".
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