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Raila Odinga se déclare prêt au "dialogue"

Dernière modification : 27/01/2008

Le chef de l'opposition kényane Raila Odinga se dit prêt au "dialogue" pour mettre fin à la crise sanglante qui déchire le pays depuis la réélection contestée du président Mwai Kibaki le 27 décembre.

Le chef de l'opposition kényane Raila Odinga s'est déclaré en faveur du "dialogue" pour sortir le pays de la crise sanglante déclenchée par la réélection contestée du président Mwai Kibaki et qui a fait au moins deux morts de plus dimanche à Nairobi.

"Nous voulons saisir l'opportunité du dialogue (...) Nous vaincrons", a lancé M. Odinga lors d'un service religieux dans l'église de la Sainte-Trinité de Kibera. Ce bidonville est l'un de ses fiefs qui a été parmi les plus touchés par les violences ayant suivi l'annonce de la réélection le 27 décembre de M. Kibaki, rejetée par l'opposition.

"Sans justice, il ne peut y avoir de paix, sans paix il ne peut y avoir d'unité et sans unité il ne peut y avoir une nation", a poursuivi M. Odinga.

"Les gens de ce pays doivent se rassembler (...) Ils sont tous Kényans", a ajouté l'opposant devant des habitants de Kibera qui assistaient à l'office.

Dans l'autre immense bidonville de la capitale kényane, Mathare, deux personnes ont été tuées lors d'affrontements entre membres de communautés rivales, sur fond de tensions interethniques attisées par la crise post-électorale, a-t-on appris auprès de la police.

"Le chaos a commencé (samedi) vers 21h00 (18H00 GMT). Des membres d'une communauté ont commencé à terroriser des membres d'une communauté rivale", a expliqué à l'AFP Paul Ruto, commandant de la police de Kasarani, dont dépend Mathare.

Dans les heurts qui ont suivi pendant la nuit, "une personne a été tuée à l'arme blanche. Nous avons découvert un autre cadavre ce (dimanche) matin", a ajouté le policier.

Un photographe de l'AFP a vu le cadavre d'un homme, entouré de pierres, laissant penser qu'il avait été lapidé. Selon une source humanitaire sur place s'exprimant sous couvert de l'anonymat, un autre homme a été tué "à coups de machettes" et plusieurs blessés évacués par ambulance dimanche matin.

Dans les autres principales villes du pays, aucun incident majeur n'avait été signalé dimanche à la mi-journée.

Ces nouveaux morts portent à 40 le nombre de tués depuis mercredi, premier d'une série de trois jours de manifestations interdites par la police et violemment réprimées par les forces de sécurité, qui ont tué la grande majorité des victimes recensées dans le pays durant la semaine.

Au total, en trois semaines, plus de 700 personnes ont été tuées dans des violences, soit par la police, soit lors d'affrontements à caractère ethniques, et à ce jour, plus de 200.000 personnes sont déplacées dans le pays, essentiellement dans l'Ouest et à Nairobi.

Pour sortir le Kenya de cette impasse meurtrière, la communauté internationale presse le camp présidentiel et l'opposition au dialogue, en vain jusqu'à présent.

Le commissaire européen au Développement, Louis Michel, a estimé samedi soir qu'une solution pouvait être trouvée "avec un peu de volonté politique", au terme d'un voyage éclair à Nairobi où il a rencontré MM. Kibaki et Odinga.

"Le président Kibaki reconnaît bien sûr qu'il y a un sérieux problème dans son pays, qu'il en est très préoccupé et qu'il est nécessaire de dialoguer, de calmer la situation et d'essayer de trouver des solutions pacifiques", a ajouté M. Michel. Selon le commissaire européen, "il est réellement demandeur d'une rencontre avec M. Odinga et il m'a même demandé de transmettre cette demande au président Odinga".

Dans la foulée de la visite du responsable européen et après une semaine marquée par l'absence d'efforts diplomatiques majeurs, l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, nommé médiateur, est attendu mardi à Nairobi pour relancer les tentatives de dialogue.
 

Première publication : 20/01/2008

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