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Les violences interethniques se poursuivent à Nairobi

Dernière modification : 27/01/2008

De nouveaux affrontements interethniques ont eu lieu à Nairobi dans la nuit de dimanche à lundi. Le bilan est de cinq morts.

Cinq personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements interethniques à Nairobi, a rapporté la police, alors que le candidat malheureux à la présidentielle kényane, l'opposant Raila Odinga, a entamé lundi une visite dans l'Ouest, son fief électoral.
  
Cinq personnes ont été tuées dans des bidonvilles de Nairobi dans la nuit de dimanche à lundi lors de heurts entre communautés rivales, sur fond de tensions interethniques nées de la contestation par l'opposition de la réélection du président Mwai Kibaki.
  
Deux personnes ont été tuées à l'arme blanche dans le bidonville de Mathare et trois autres personnes également à l'arme blanche dans les bidonvilles de Huruma et de Babadogo.
  
Selon le commandant de la police du secteur de Matahare, Paul Ruto, douze personnes ont été arrêtées à Mathare à la suite de ces meurtres.
  
"Nos policiers patrouillent toujours la zone pour s'assurer que le calme revienne. Nous ne voulons pas que des innocents meurent ainsi", a-t-il déclaré à l'AFP.
  
Plusieurs habitations de ces bidonvilles ont également été détruites lors des affrontements, selon la police.
  
Ce nouveau bilan porte à 50 le nombre de morts depuis que l'opposition avait appelé, le 16 janvier, à trois journées de manifestations, interdites par la police et violemment réprimées par les forces de sécurité.
  
De son côté, Raila Odinga s'est rendu lundi dans l'ouest du Kenya, qui a connu les pires violences post-électorales.
  
Il s'agit de la première visite publique de M. Odinga dans cette région depuis le début de la crise. M. Odinga est arrivé officiellement deuxième de l'élection présidentielle du 27 décembre mais il revendique la victoire, accusant M. Kibaki de fraudes.
  
"Le combat continuera tant que la justice ne l'emportera pas (...). J'ai gagné l'élection, mais j'ai été floué", a déclaré M. Odinga dans la ville de Kakamega (ouest).
  
M. Odinga, chef du Mouvement démocratique orange (ODM), a rendu visite à des personnes blessées dans les violences post-électorales et à des déplacés dans une église de Kakamega.
  
L'opposant s'est ensuite rendu dans la ville de Kisumu (ouest), fief de l'opposition et théâtre de violences très meurtrières lors de la répression par la police de manifestations interdites.
  
Au total, ces trois dernières semaines, plus de 700 personnes ont été tuées dans ces violences au Kenya.
  
Lors de la messe dominicale dans un bidonville de Nairobi, M. Odinga s'est déclaré en faveur du "dialogue" pour sortir le pays d'une crise sanglante.
  
Pour sortir le Kenya de cette impasse, la communauté internationale presse le camp présidentiel et l'opposition au dialogue, en vain jusqu'à présent.
  
L'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, attendu mardi à Nairobi, a été chargé d'une nouvelle tentative de médiation pour trouver une issue à la crise majeure que traverse le Kenya.
  
Le président ougandais Yoweri Museveni doit également rencontrer M. Kibaki mardi à Nairobi, dans le cadre des efforts de médiation.
  
Le Kenya était jusqu'à présent l'un des pays africains les plus stables, dans une région très troublée.
  
Ces violences ethniques au Kenya, où vivent 42 ethnies, sont attisées par les tensions politiques depuis la réélection de M. Kibaki, qui appartient à la principale communauté du pays, les Kikuyus. Les autres ethnies du pays ont voté majoritairement pour M. Odinga, de l'ethnie luo.
  
Au total, en trois semaines, plus de 700 personnes ont été tuées dans ces violences, soit par la police, soit lors d'affrontements à caractère ethnique.

Première publication : 21/01/2008

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