Tous les groupes armés congolais actifs au Nord et au Sud-Kivu ont signé mercredi un "acte d'engagement" pour une cessation immédiate des hostilités dans ces régions troublées de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a constaté un correspondant de l'AFP.
Le chef de la délégation du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le mouvement du principal chef rebelle Laurent Nkunda, a été le premier à ratifier le document, lors de la cérémonie de clôture de la conférence sur la paix et le développement ouverte le 6 janvier à Goma, capitale du Nord-Kivu.
Le texte a ensuite été signé par les autres groupes armés, puis par le ministre de l'Intérieur Denis Kalume, au nom du gouvernement congolais, suivi d'autres conférenciers et élus locaux, ainsi que par des représentants des Nations unies, de l'Union européenne (UE), des Etats-Unis, de l'Union africaine (UA) et de la Conférence des pays des Grands Lacs africains.
"Sur les sceptiques, nous avons gagné une grande bataille", a déclaré le chef de l'Etat, Joseph Kabila, tout en soulignant que d'"immenses défis" restaient à relever pour rétablir la paix, la sécurité et le développement dans les provinces "martyres" des Kivu.
"Après des années de guerre, la paix ne peut naître sans dialogue ni pardon. La conférence y a pourvu", a-t-il affirmé, en référence à un projet de loi d'amnistie pour "faits de guerre et insurrectionnels", excluant tout crime de guerre et contre l'humanité.
Il a promis la mise en place d'une commission réconciliation et vérité, tout en déclarant "incontournables" le rétablissement de "la justice et (de) l'Etat de droit".
C'est la première fois depuis la fin de la dernière guerre en RDC (1998-2003) que les groupes armés de régions entières s'engagent collectivement et publiquement à un cessez-le-feu et à un désengagement progressif de leurs troupes sur le terrain.
La communauté internationale a unanimement salué "le succès" de cette conférence, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon voyant dans l'acte d'engagement des belligérants une "étape importante vers la restauration d'une paix et d'une stabilité durables dans la région des Grands Lacs".
S'il est appliqué, cet acte d'engagement marquera la fin de violences qui continuent de déchirer les Kivu, qui comptent actuellement plus d'un million de déplacés de guerre.
Le Nord-Kivu est depuis plus de quatre mois le théâtre d'affrontements incessants entre l'armée régulière et des soldats insurgés ralliés à l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda, mais aussi entre ces derniers et des miliciens locaux Maï Maï ou des rebelles hutus rwandais.
Le Sud-Kivu reste marqué par des heurts entre soldats dissidents tutsis congolais, groupes Maï Maï et armée, et par des violations massives des droits de l'Homme, notamment des viols perpétrés par des combattants locaux et étrangers.
Cet acte d'engagement a été signé après 17 jours de débats et d'intenses négociations avec le CNDP de Laurent Nkunda, en position de force depuis la cuisante défaite qu'il a imposée à l'armée régulière en décembre au Nord-Kivu.
Le texte prévoit notamment la mise en place d'un comité de suivi pour le désengagement des belligérants, le déploiement de Casque bleus dans les zones libérées et un projet d'amnistie couvrant les "faits de guerre et insurrectionnels", mais pas les crimes de guerre.
Avant de clore officiellement la conférence, Joseph Kabila a félicité les participants pour les "services rendus à la Nation", les exhortant à "rester mobilisés", avant d'ajouter avec ironie: "L'application dont vous avez fait preuve est d'autant plus méritoire qu'il ne s'agissait pas de partage du pouvoir".














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