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Affrontements sanglants dans la vallée du Rift au Kenya

Dernière modification : 27/01/2008

Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées depuis jeudi dans la province de la vallée du Rift au Kenya.

Quatre-vingt-une personnes ont été tuées depuis jeudi dans la province de la Vallée du Rift (ouest) devenue le théâtre principal des violences post-électorales qui ébranlent le Kenya, amenant Kofi Annan à dénoncer samedi des violations "systématiques des droits de l'Homme".

Quarante-cinq personnes ont été tuées à Nakuru, la capitale provinciale en proie à des affrontements à caractère interethniques, a indiqué la police, ce qui porte à 81 le bilan des tués dans la Vallée du Rift depuis jeudi soir.

Un officier de police qui n'a pas voulu être nommé a fait état de 26 morts tuées dans de nouveaux affrontements à caractère interethnique dans les bidonvilles de Nakuru.

Auparavant, la police avait annoncé que 19 personnes avaient péri dans les violences à Nakuru.

Dans le district voisin de Molo, lui aussi particulièrement touché par ces violences, la police a annoncé avoir découvert samedi les cadavres de 15 personnes victimes des troubles.

A Nakuru, où la police a imposé vendredi un couvre-feu nocturne, "des maisons sont en feu et la violence a de nouveau éclaté dans des quartiers", a déclaré à l'AFP samedi après-midi un porte-parole de la Croix-Rouge, Anthony Mwangi. Des tirs étaient également entendus dans un des bidonvilles de la ville, Githima.

A l'hôpital général de Nakuru, le personnel était dépassé par le nombre d'admissions. "Nous sommes débordés. Notre unité chirurgicale a une capacité de seulement 36 patients, mais actuellement nous soignons plus de 90 patients", a expliqué à l'AFP un responsable de l'hôpital, George Mugenya.

A Nakuru, des Kikuyus se sont organisés pour se venger des attaques dont ils avaient été la cible les jours précédents dans la province, selon des habitants.

"Le gouvernement n'a pas réussi à nous protéger alors nous avons décidé de venger nos frères tués à Burnt Forest et Eldoret", autres localités de la province, a déclaré à l'AFP, Amos Ndungu, habitant kikuyu de Nakuru.

Dans la matinée, des hommes, certains armés de machettes, avaient érigé des barricades dans la ville et sur les axes routiers y menant. Ces barricades ont été démantelées rapidement par la police paramilitaire.

Plus de 800 personnes ont trouvé la mort au Kenya dans les troubles politico-ethniques qui ont suivi la réélection le 27 décembre du président Mwai Kibaki, rejetée par le chef de l'opposition Raila Odinga qui l'accuse de lui avoir volé la victoire.

La Vallée du Rift est devenue ces derniers jours l'épicentre de ces violences dans lesquelles s'affrontent notamment des membres de la communauté kalenjin, qui a majoritairement soutenu M. Odinga, et leurs voisins kikuyus, l'ethnie de M. Kibaki.

Ces violences dans la Vallée du Rift viennent s'ajouter, et largement se confondre, à d'autres plus anciennes liées à des conflits fonciers récurrents qui donnent régulièrement lieu à des explosions de violences meurtrières dans la région.

"Le cercle vicieux des contre-attaques et représailles est en train de devenir incontrôlable dans la Vallée du Rift et des mesures urgentes sont nécessaires pour résoudre cela", s'était alarmé de son côté vendredi à Nairobi le secrétaire général de la Croix-Rouge kényane, Abbas Gullet.

L'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, qui mène une médiation dans le pays depuis mardi soir, s'est rendu par hélicoptère dans cette province pour constaté l'ampleur de la crise et a dénoncé à son retour à Nairobi des violations "systématiques et graves des droits de l'Homme".

"On ne peut pas autoriser l'impunité", a ajouté M. Annan, sans nommer un groupe en particulier: "j'espère qu'il y aura une enquête sérieuse pour établir les faits et que ceux qui sont responsables seront punis".

M. Annan a prévenu qu'il n'allait pas rester au Kenya "des mois". "Le temps presse et les dirigeants doivent travailler avec nous aussi rapidement que possible", a-t-il insisté.


 

Première publication : 27/01/2008

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