Dernière modification : 28/01/2008 

Bruxelles autorise le déploiement de l'Eufor
L'Union européenne a approuvé l'envoi immédiat de l'Eufor au Tchad et en Centrafrique. Elle doit notamment veiller à la sécurité des réfugiés affectés par le conflit du Darfour. (Récit : P.-L. Viollat)

L'Union européenne a formellement approuvé lundi l'envoi immédiat d'une force militaire dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique, affectés par les prolongements du conflit du Darfour soudanais et par l'insécurité liée à des rebellions.
  
"La décision de lancer l'opération au Tchad et en République centrafricaine a été adoptée", indique une déclaration des ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'UE réunis à Bruxelles.
  
"Conformément à la résolution 1778 du Conseil de sécurité des Nations unies" de septembre 2007, l'Union confie à la force appelée Eufor Tchad-RCA la tâche de "protéger le personnel de l'ONU", autrement dit la mission de police des Nations unies et ses 300 policiers instructeurs, ainsi que "les civils exposés au danger" et le "personnel humanitaire". Elle devra "faciliter l'arrivée de l'aide humanitaire" en "aidant à sécuriser" la région.
  
L'Eufor devra ainsi veiller à la sécurité de 241.000 réfugiés soudanais du Darfour dans l'est du Tchad et de 3.000 autres dans le nord-est de la Centrafrique, ainsi que des 179.000 Tchadiens et 20.000 Centrafricains déplacés, à l'intérieur de leurs pays respectifs, par les violences dans ces régions.
  
Le mandat de cette force de près de 3.700 soldats, dont plus de la moitié sont français et le reste vient de 13 autres pays européens, est d'un an.
  
Depuis que la politique européenne en matière de défense est devenue vraiment opérationnelle en 2001, il s'agit de la plus importante opération militaire de l'UE en dehors du continent européen et sans assistance de l'Otan.
  
L'Eufor, prévue initialement pour démarrer en novembre, a d'ailleurs eu du mal à se constituer et à trouver certains moyens logistiques (transport aérien, antennes hospitalières) au terme de cinq réunions de militaires européens.
  
Les trois principales nations contributrices -la France (2.100 soldats), l'Irlande et la Pologne (400 chacune)- fourniront le noyau des trois bataillons qui seront déployés dans cette zone de plusieurs centaines de milliers de km carrés. La Suède fournira 200 hommes, affectés à la garde du QG d'Abéché (est du Tchad).
  
Dix autres pays, dont certains doivent encore le confirmer, ont promis aussi diverses contributions à l'Eufor selon une liste non officielle : Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie et Slovénie.
  
Le général irlandais Patrick Nash, désigné pour diriger l'opération depuis un quartier général opérationnel en banlieue de Paris, devait donner mardi à Bruxelles des détails sur le lancement de l'opération.
  
Le général français Jean-Philippe Ganascia, qui commandera les opérations sur place, à partir de son QG d'Abéché, aura sous ses ordres dès cette semaine les premiers éléments de l'Eufor, notamment un détachement d'une quinzaine d'Autrichiens qui partiront mercredi.
  
Dans les premiers jours de février, une cinquantaine d'Irlandais viendront assurer la protection de l'opération.
  
La totalité des effectifs de l'Eufor devrait être acheminé entre février et juin.

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