- Boris Tadic - Serbie - Vojislac Kostunica
Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a annoncé mercredi qu'il ne soutiendrait pas le président sortant, le pro-occidental Boris Tadic, au second tour de la présidentielle dimanche prochain.
Il a expliqué que Tadic refusait d'amender leur accord de coalition en y ajoutant une clause interdisant à Belgrade tout accord avec l'Union européenne si celle-ci reconnaît l'indépendance du Kosovo et envoie une mission dans la province sécessionniste.
"Puisque notre partenaire de coalition ne veut pas accepter une annexe à l'accord de coalition, nous ne pouvons pas le soutenir", a déclaré Kostunica, ancien président de la Serbie à la chute de Slobodan Milosevic en 2000.
Kostunica a fait de la défense de la souveraineté de la Serbie sur le Kosovo la pierre angulaire de sa politique.
Dimanche, Boris Tadic affronte le candidat nationaliste du Parti radical serbe Tomislav Nikolic au second tour de la présidentielle. Nikolic, qui est arrivé en tête au premier tour, estime que la Serbie devrait tourner le dos à l'Union européenne si le bloc des 27 aide le Kosovo à faire sécession.
La province est peuplée à 90% d'Albanais de souche et l'on s'attend à ce qu'elle proclame son indépendance dans les jours qui suivront la présidentielle à Belgrade.
Le scrutin s'annonce très serré entre Tadic et Nikolic et il est difficile de savoir si la décision de Kostunica pèsera dans la balance.
Le Premier ministre n'a pas été jusqu'à exprimer son soutien à Nikolic, qui a deux points de retard sur Tadic dans les derniers sondages d'opinion, ce qui est négligeable au vu de la marge d'erreur.
"Notre message est que le peuple doit choisir lui-même ce qu'il doit faire le 3 février", a déclaré Kostunica aux journalistes.
"Mon attitude concernant cette élection s'appuie sur le sort du Kosovo. Les élections ont été marquées par la question de savoir si oui ou non nous voulons préserver le Kosovo."
Kostunica voulait obtenir de Tadic l'assurance que Belgrade se retirerait des accords préalables déjà conclus avec l'UE si les Vingt-Sept décidaient d'envoyer une mission au Kosovo.
Tadic a répondu que cette exigence équivalait à du "chantage". Kostunica a aussi indiqué que son parti était désolé de cette issue car "nous voulions soutenir Tadic".
Le Parti démocrate de Tadic est deuxième en popularité derrière le Parti radical de Nikolic. Le parti de Kostunica, bien qu'essentiel dans la coalition gouvernementale, arrive loin derrière en troisième position.


























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