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Guerre des mots entre Zapatero et l'Eglise

©

Dernière modification : 05/03/2008

Un document des évêques espagnols accuse le gouvernement de discuter avec l'ETA. Le parti du Premier ministre répond, qu'à un mois des législatives, l'Eglise ne doit pas entrer en campagne.

L'Eglise espagnole s'est défendue vendredi d'être entrée en campagne électorale contre le gouvernement, face aux vives critiques des socialistes au pouvoir contre la "note d'orientation morale" qu'elle a publiée jeudi en vue des législatives espagnoles du 9 mars.

"Les évêques ne sont pas entrés en campagne électorale", a assuré le secrétaire général et porte-parole de la Conférence épiscopale espagnole (CEE), Juan Antonio Martinez Camino, dans une interview à la chaîne Telecinco.

Il a qualifié de "durs et injustes" les termes du Parti socialiste (PSOE), qui avait répondu jeudi soir à la "note" de l'Eglise en jugeant "immoral que les évêques utilisent le thème du terrorisme à des fins électorales".

"Une société qui veut être libre et juste ne peut reconnaître explicitement ou implicitement une organisation terroriste comme représentant politique d'une quelconque couche de la population, et ne peut l'avoir comme interlocuteur politique", indique le document des évêques espagnols.

Cette phrase a été interprétée par les socialistes et l'ensemble des médias comme une critique des négociations menées en 2006 par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero avec l'organisation indépendantiste basque armée ETA et comme une prise de position en faveur de la droite qui s'était farouchement opposée à ce dialogue.

"A aucun moment ils (les évêques, ndlr) ne disent que l'on ne peut pas parler avec les terroristes pour étudier les conditions de leur disparition", a tenu à nuancer M. Martinez Camino.

Selon lui, les évêques ont seulement voulu dire que "les terroristes ne peuvent être des interlocuteurs politiques, car cela reviendrait à reconnaître la légitimité du crime organisé".

Le dialogue noué entre le gouvernement et l'ETA a précisément échoué faute d'un accord politique souhaité par le groupe armé>.

Madrid ne souhaitait aborder avec l'ETA que la fin de la violence en échange de mesures de clémence en faveur de ses activistes en prison, comme préalable à tout accord entre partis politiques sur le futur du Pays Basque.

Première publication : 01/02/2008

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