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Lancement d'une campagne présidentielle sans suspense

Dernière modification : 02/02/2008

Le Kremlin échappera t-il à Dmitri Medvedev, désigné par Vladimir Poutine comme son successeur ? La campagne qui débute samedi s'annonce sans grande surprise.

La campagne électorale présidentielle débute officiellement samedi en Russie, mais la désignation par Vladimir Poutine de Dmitri Medvedev comme candidat à sa succession ne laisse guère de place au suspense, tant la lutte semble inégale pour ses rivaux.

 

Les instituts de sondage russes prédisent au candidat du Kremlin une large victoire dès le premier tour, le 2 mars. L'organisme public VTsIOM a crédité Medvedev de 74% d'intentions de vote dans un sondage publié jeudi.

 

Le communiste Guennadi Ziouganov arrive en deuxième position avec 12% des votes, suivi de près par le nationaliste Vladimir Jirinovski. Le quatrième candidat, Andreï Bogdanov du Parti démocrate, n'atteint pas 1%. Comme lors des législatives de décembre, massivement remportées par le parti présidentiel Russie unie, les médias d'Etat accordent une place généreuse à Medvedev et le strict minimum aux autres candidats.

 

Ces derniers protestent que l'appui du pouvoir et les ressources financières d'Etat dont bénéficie Medvedev, premier vice-Premier ministre de Poutine, lui confèrent un immense avantage.

 

LUTTES DE CLANS

 


Avec une issue aussi prévisible, l'élection présidentielle ne passionne guère les Russes, dont le niveau de vie s'est globalement amélioré lors des huit années de présidence de Vladimir Poutine, en particulier dans les grandes villes.

 

La perspective de voir Medvedev succéder à Poutine annonce la continuité, d'autant plus que le président a assuré avoir l'intention de conserver un rôle majeur dans la vie politique russe en devenant Premier ministre.

 

Deux candidats, l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov et le dissident Vladimir Boukovski, ont déjà été disqualifiés par la Commission électorale. L'ancien champion d'échecs et opposant Garry Kasparov a pour sa part renoncé à concourir.

 

Le manque de visibilité des trois autres candidats inscrits à la présidentielle devrait encore être accru par le refus de Medvedev de prendre part à des débats télévisés, privant ainsi ses rivaux d'une occasion d'apparaître en public.

 

Selon les médias russes, le dauphin de Poutine ne devrait pratiquement pas faire campagne, préférant donner l'image d'un homme d'Etat occupé par ses fonctions plutôt que celle d'un candidat se consacrant à des meetings ou des débats.

 

Pour les analystes politiques russes, le véritable enjeu se situe plutôt dans les luttes de clans au sein du pouvoir. Selon Dmitri Orechkine, directeur du laboratoire d'idées indépendant Mercator, Medvedev, issu de la tendance réformiste, pourrait subir les attaques de la frange conservatrice du Kremlin.

 

Si cette analyse se confirme, les orientations futures de la politique russe se décideraient, à nouveau, par les luttes d'influence au Kremlin plutôt que par le choix des urnes.

Première publication : 02/02/2008

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