Dernière modification : 10/02/2008 

Le XV de France en chantier
Le XV de France en chantier
Après une Coupe de Monde décevante, l’équipe de France aborde le Tournoi des six nations en quête d'identité. Avec le Mondial 2011 en point de mire.

"On ne peut pas exiger, par exemple, d’un jeune ouvreur de 21 ans qu’il rende une partition parfaite. Il y aura des fautes. On les assumera avec eux." Marc Lièvremont, nouveau sélectionneur du XV de France, a tenu un discours peu conventionnel en dévoilant l’équipe qui affrontera l’Ecosse en ouverture du Tournoi des six nations dimanche 3 février.

Plus qu’une formation pour faire le déplacement à Edimbourg, la nouvelle troïka d’entraîneurs, composée de Marc Lièvremont et d’Emile Ntamack, anciens internationaux, assistés par Didier Rétière, issu de la Direction technique nationale, cherche avant tout à poser les fondations d’un projet dont l’aboutissement sera la Coupe du Monde de 2011, en Nouvelle-Zélande. "Avec ce groupe, on prépare le match contre l’Ecosse, mais aussi les joutes futures…", rappelle Emile Ntamack.

La nouvelle direction a pour objectif de retrouver un jeu offensif, marque de fabrique classique du rugby français. Coller au rugby rugueux et défensif à la mode pendant le Mondial est une stratégie qui a fait long feu. Les déconvenues face à l’Argentine et l’Angleterre en Coupe du monde ont servi de leçon.

Les débuts de ce projet de longue haleine ne vont pas sans leur part de risque et d’incertitude. D’autant plus que six joueurs n’ayant jamais honoré de sélection chez les Bleus ont été retenus pour le rendez-vous écossais. Des jeunes, à l’image de François Trinh-Duc, 21 ans, pas même remplaçant dans son club de Montpellier il y a un an. Et des moins jeunes, comme Lionel Faure, 30 ans, jouant à Sale, en Angleterre.

Impossible de savoir comment vont évoluer ces bizuths, et difficile d’imaginer la tournure des événements, avec une équipe qui ne s’est entraînée que quatre fois ensemble.

"On a besoin d’un équilibre entre prise de risques et résultats", souligne Bernard Lapasset, président de la Fédération française de rugby. A cette nécessité de reconstruction s’ajoute la pression qui pèse sur le XV de France, tenant du titre. Le demi d’ouverture Jean-Baptiste Elissalde ne confiait-il pas dans L’Equipe du 31 janvier qu’il s’attendait à vivre "un moment très dur à Murrayfield".

Sans Michalak, ni Chabal

Seuls cinq rescapés du naufrage de l’ère Laporte en demi-finale de Coupe du Monde face à l’Angleterre fouleront la pelouse de Murrayfield.

Issue d’un travail préparatoire en étroite collaboration avec les clubs du Top 14 et de la Pro D2 française, ainsi qu’avec les français évoluant en Angleterre, la formation a tourné la page des figures historiques comme Dominici, Ibanez et Pelous, partis en retraite. Mais aussi des icônes médiatiques comme Chabal ou Michalak. Au sujet du second, Marc Lièvremont se justifie : "C’est un garçon charmant, mais pour nous, c’est Elvis Vermeulen (Clermont) le meilleur à ce poste (troisième ligne centre, ndlr)".

Vermeulen, absent pour cause de blessure pendant le Mondial, n’est pas le seul à revenir sur le devant de la scène à l’occasion du Tournoi des six nations. Le discret Lionel Nallet, 2e ligne de Castres, éclipsé par le "Caveman" Sébastien Chabal cet automne, est aussi un élément-clé de la rupture puisqu’il enfilera le brassard de capitaine. Elu "meilleur international français" par ses pairs, il aura la charge de conduire cette équipe inédite dans un contexte hostile, puisque l’Ecosse, l’Irlande et surtout l’Angleterre, ont eux choisi de préparer le Tournoi dans la continuité de la Coupe du Monde.

 

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