PARIS, 4 février (Reuters) - Sept personnes comparaîtront à partir de mercredi en correctionnelle à Paris à propos de la distribution au milieu des années 1980 d'une hormone de croissance contaminée par la maladie de Creutzfeldt-Jakob.
Elles seront jugées pendant quatre mois pour "tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires". Les prévenus nient tout délit, expliquant qu'ils ont agi en fonction des connaissances scientifiques de l'époque.
L'injection de l'hormone de croissance a fait une centaine de morts, pour la plupart des enfants. La maladie de Creutzfeldt-Jakob, incurable, détruit progressivement le système nerveux et provoque la mort en quelques mois.
De 1960 à 1988, les troubles de la croissance due à une insuffisance hypophysaire ont été soignés en France par des hormones de croissance fabriquées par l'institut Pasteur à partir d'hypophyses humaines prélevées sur des cadavres en France, en Bulgarie et en Hongrie, par l'association France-Hypophyse.
Selon le dossier judiciaire, 1.968 enfants ont reçu ainsi des hormones humaines. L'hormone humaine a ensuite, après 1988, été remplacée par une hormone biosynthétique.
Les conséquences sur la santé des hormones humaines, notamment la maladie de Creutzfeldt-Jakob, ont été diagnostiquées pour la première fois en 1990.
Les hormones, qui se sont révélées être contaminées, étaient redistribuées par la Pharmacie centrale des hôpitaux, un service public chargé de la distribution des médicaments.
La procédure judiciaire, engagée en 1991 et qui avait d'abord prospéré sur l'accusation "d'empoisonnement" finalement abandonnée car déclarée impropre juridiquement par la Cour de cassation, a connu de nombreux contretemps et problèmes juridiques, sur une durée record de 17 ans.
Sept prévenus
Seront jugés Jean-Claude Job, ex-président de France-Hypophyse, Fernand Dray, ex-responsable d'un laboratoire de la fondation Pasteur, Henri Cerceau et Marc Mollet, anciens responsables de la Pharmacie centrale des hôpitaux, Jacques Dangoumau, ancien fonctionnaire du ministère de la Santé, Elisabeth Mugnier et Micheline Gourmelen, médecins.
L'enquête retient contre France-Hypophyse, association chargée de la collecte et de la distribution de l'hormone et créée en 1973, des conditions de collecte sur les cadavres dépourvues de tout contrôle et de toute hygiène.
L'instruction retient contre Marc Mollet et Henri Cerceau le fait d'avoir continué à distribuer des lots d'hormone non traités spécialement après le 10 juin 1985, date à partir de laquelle l'enquête considère qu'ils auraient dû être retirés.
Aux Etats-Unis notamment, l'hormone de croissance a été retirée du marché en août 1985. L'hormone de synthèse était ensuite disponible. Par ailleurs, le traitement n'étant pas vital, il aurait fallu appliquer la règle du "risque zéro", retient l'instruction.
Elisabeth Mugnier était parmi les médecins qui assuraient pour France-Hypophyse la collecte des hypophyses sur des cadavres, d'où étaient extraites les hormones de croissance.
Micheline Gourmelen était parmi les médecins qui ont prescrit l'hormone et se voit reprocher de l'avoir fait sur une enfant, alors qu'il n'y avait pas, selon l'accusation, de motif médical suffisant pour précéder ainsi.
Fernand Dray est par ailleurs poursuivi pour "corruption et prise illégale d'intérêt", une partie des faits sur lesquels le parquet avait demandé un non-lieu mais que la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy a conservé.
C'est le seul aspect financier du dossier qui subsiste.
Cinq autres personnes poursuivies ont bénéficié d'un non-lieu au terme de l'instruction.
L'enquête a conclu à une spécificité française dans cette affaire, la France comptant en 2004 58% de tous les cas mondiaux de maladie de Creutzfeldt-Jakob liés à l'hormone de croissance.






Commentaires (1)
bonjour
Je suis lycéenne , j'ai entendu parler de ce procés et je pense qu' à l'époque à laquelle s'est produit cette erreur les médecins devaient savoir ce qu'ils faisaient et je pense que s'ils avaient vraiment sû ce que cette hormones causer , ils ne l'auraient pas conseiller pour certaines personnes..
Maintenant est-ce qu'ils serait possible de voir et de comprndr ce qu'il s'est reellement passer. Lésultat se formera à lafin du procés..
Réagir à cet article