06 février 2008
Par Guillaume Meyer, Chicago
Il y a quelques mois seulement, Hillary Clinton pensait bien que cette soirée de Super Tuesday serait une soirée de victoire. Mais alors que l'on compte encore les délégués, il semble de plus en plus assuré que la course entre Clinton et Obama va se poursuivre dans les semaines à venir. Et alors que le discours de Barack Obama enflammait la salle à Chicago, un signe qui ne trompe pas : le sourire de David Axelrod, principal conseiller d'Obama. Son candidat n'a pas gagné mais il fait bien plus que rester dans la course. Il fait jeu égal avec celle qui paraissait impossible à arrêter.
05 février 2008
Par Clément Massé, envoyé spécial aux Etats-Unis
ِQue pensent les artistes new-yorkais de cette campagne pour la présidentielle de novembre ? Nous sommes allés rencontrer plusieurs d'entre eux pour comprendre leur perception des enjeux, et la manière dont leurs contemporains s'approprient le discours des candidats. Un reportage que vous pourrez découvrir dans Une semaine aux Amériques. Mais avant cela, j'avais envie de vous raconter notre rencontre avec Paula Fox, l'auteur de "Desperate Characters", "A Servant's Tale", "Western Coast" ("Personnages désespérés", "La légende d'une servante", "Côte Ouest" publiés chez Joëlle Losfeld en France).
Imaginez une grande dame de 85 ans au large sourire, qui remet délicatement en place la mèche de cheveux blancs qui tombe sur ses yeux. Et puis une petite maison, très jolie, dans une rue de Brooklyn, de style londonien construite au XIXe siècle par un homme qui voulait une maison comme à Londres, une maison sur quatre étages avec un jardinet que l'on partage avec les voisins.
Au premier étage, Hélène Frade et moi avons découvert une pièce confortable, quelques fauteuils, une petite banquette et des rayonnages de livres en français, en anglais... des Flaubert, Gide, Proust (dont elle s'amuse a comparer la traduction anglais-français). Sur l'une des étagères, Paula Fox nous a montré un livre de George Sand et s'est remémorée avec joie la magie de sa visite à Nohant, chez George Sand. Son mari et elle se seraient volontiers installer à la table du salon, elle sans hésiter, au couvert de Chopin !
Nous avons passé une heure et demi à discuter livres et politique avec elle, dans son jardin, dans son salon et dans sa petite cuisine où elle a accroché au mur des photos de famille qu'elle a voulues nous commenter, ses fils, ses petits-enfants... ses amis disparus dont elle se souvient avec émotion et pendant ce temps, le chat dormait sur sa chaise dans la cuisine qui donne sur le jardinet... une cuisine qui ressemblait à s'y méprendre à celle décrite dans "Personnages désespérés".
05 février 2008
Par Guillaume Meyer
Chicago retient son souffle.
Le sénateur de l'Illinois s'est installé dans la "Windy City" il y a plus de 20 ans. Il est désormais ici chez lui. Dans les rues, de nombreux passants portent un autocollant "I voted" et généralement un autre "Obama '08".
Logiquement, c'est ici qu'Obama a décidé de venir attendre les résultats de ce Super Tuesday. Pour comprendre la passion des supporters de Barack Obama, voici les paroles d'un jeune d'une vingtaine d'année, d'origine soudanaise, citoyen américain depuis 4 ans. "Oui, les Clinton, je les aime bien... Mais il faut du changement dans ce pays, mettre fin à la guerre. Barack Obama, quand il parle, je le crois. Et ce n'est pas parce qu'il est noir comme moi. C'est parce qu'il a l'expérience, ici, avec les gens de Chicago. J'aurais pu voter en 2004 mais c'était John Kerry, ça me disait rien. Cette fois je suis vraiment à fond la campagne. Quand je rentre du travail à 3 heures du matin, je regarde la télé pour voir tout ce qui a été dit, je ne veux rien rater de cette campagne".
05 février 2008 - "D-Day"
Par Léa Salamé, envoyée spéciale aux Etats-Unis
"Democrats fall in love, Republicans fall in line"
- 9 personnes parient sur McCain vs Hillary :
*avec victoire finale d'Hillary pour 5 d'entre nous,
*avec victoire de McCain pour les 4 autres.
- 3 personnes parient sur McCain vs Obama, avec victoire finale d'Obama pour ces trois personnes.
Quant à moi, je parie sur McCain vs Hillary, avec victoire finale de McCain.
Voilà pour la prévision. Mais je n'ai pas dit que c'est ce que je souhaitais...
05 février 2008 - "Le facebook de droite"
Par Pierre-Ludovic Viollat, envoyé spécial aux Etats-Unis
Pour le "buzz" du deuxième numéro des Chroniques de campagne made in USA, nous avons envisagé - avant, finalement, de renoncer à cause du manque de temps - de vous parler du "Facebook de droite"... C'est une parodie de Facebook, avec des faux profils des pretendants republicains a la Maison blanche. Pour y jeter un coup d'oeil : www.rightwingfacebook.org
Nous voulions aussi diffuser un clip vraiment bien fait, pro-Obama, disponible sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=jjXyqcx-mYY&eurl=http://www.facebook.com/profile.php?id=540167577
04 février 2008 - Sur la route d'Albany
Par Alexandra Renard, envoyée spéciale à New York
Quelques jours avant le fameux "Super Mardi" nous quittons Manhattan pour partir en Pontiac de location à la decouverte du fief d'Hillary qui se trouve être la vraie capitale de New York, Albany. 5 heures (2h30 en temps normal) de route sous la neige, les grelons et 25 car crashes plus tard car la route est glacée... nous arrivons dans la capitale à l'architecture démesurée...
Regardez le sujet d'Alexandra en cliquant le lien à la droite.
04 février 2008 - Du Superbowl à l'élection présidentielle
Par Pierre-Ludovic Viollat, envoyé spécial aux Etats-Unis
A Manhattan, l'animation était assurée ces derniers jours par les groupes de soutien aux différents candidats. Depuis la victoire des Giants au Superbowl - la finale entre les deux meilleures équipes de l'année de football américain -, les attroupements ont lieu devant les magasins de sport : il s'agit d'acheter LA casquette et LE tee-shirt collector du match, que tout supporter de l'équipe de New York doit maintenant posséder. Lundi matin, les cartons de marchandises étaient à peine ouverts que leur contenu était déjà vendu. Prix de la casquette : 30 dollars. Quand même.
04 février 2008 - Atlanta, Géorgie
Guillaume Meyer, envoyé spécial à Atlanta, Géorgie
Je me suis rendu dans une famille qui vit près d'Atlanta, en Géorgie. Paul et Melody Allen ont décidé de prendre eux-mêmes en charge l'éducation de leurs quatre enfants. Les cours ont lieu dans leur petite maison, entre la cuisine et la salon. Chrétiens évangéliques, il ne veulent pas que leurs enfants soient confrontés à l'enseignement de l'école publique. Pour eux il n'existe qu'une vérité : Dieu a créé la Terre et les hommes, et la théorie de l'évolution n'est qu'une théorie… fausse. Républicains et supporters de Bush, les Allen sont cette année bien embarrassés en ce qui concerne le choix du candidat à l'investiture républicaine. « Avec McCain, on ne sait jamais ce qui va nous tomber dessus ! », explique Paul. McCain a, par le passé, soutenu une loi très tolérante envers les immigrés clandestins, son opposition à l'avortement n'est pas si ferme. Restent Mitt Romney et Mike Huckabee. Le problème pour Romney, c'est qu'il est mormon. Pour ces évangéliques, un mormon n'est pas chrétien. « Nous pensons qu'un leader doit avoir une communication avec Dieu. Je ne vois pas comment Romney peut entrer en contact avec Dieu s'il n'est pas chrétien », s'interroge Paul. Quant à Huckabee, il a beau être très conservateur, les Allen ont leurs doutes sur les compétences de ce pasteur assez peu expérimenté, notamment en qui concerne la politique étrangère. Les Allen, et toute la droite chrétienne, est-elle cette année orpheline de candidat ?
Voir le sujet de Guillaume Meyer
04 février 2008 - Du sport a la politique.
Par Léa Salamé, envoyée spéciale à New York
New York exultait hier soir. Defiant tous les pronostics, les Giants ont battu les Patriots lors du superbowl. Croisés des hordes de new yorkais emeches et souriants. Les klaxons ont retenti tard dans la nuit. Mais ils ont une façon plus polie de faire la fête ici. C'est plus retenu qu'un soir de victoire sur les Champs-Elysees. On ne fait pas n'importe quoi ici. On est en Amerique.
Vu le match dans un bar bonde. Me suis fait expliquer les règles du football americain à trois reprises. Je n'ai toujours pas compris.
Mais on n'est pas la pour parler de rencontre sportive mais de match électoral.
et sur ce point, nous étions a Harlem hier (fief des Clinton), eh bien a voir le nombre de supporters du "Kennedy noir", je me demande si mardi Harlem ne sera pas infidèle a Hillary, et ne succombera pas - elle aussi - à la tentation Obama.
Enfin, quand on parle francais ces temps ci dans la grosse pomme, dans la rues, les bars, ou les taxis, on à désormais droit a l'inévitable "Oh you are from France...Your president is so lucky, he is with Carla Bruni"...et autres variations sur le même thème. Telle est la vision americaine de l'hexagone. Charming.
Par Mary MacCarthy et Alexandra Renard, correspondante du Super Tuesday à New York.
L’excitation gagnait New York dimanche après-midi alors que les Américains se préparaient à l’évènement sportif télévisé le plus important de l’année, le Superbowl+. Nous avons été envoyées pour un reportage pas loin de là, dans le New Jersey…Et nous avons fini par trouver les quelques habitants de la côte est qui n’étaient pas uniquement préoccupés par l’issue du match. Nous avons interviewé une mère, Paula Rogovin, dont le fils est un Marine qui vient de revenir d’Irak. Elle nous a invitées à une réunion de représentants locaux de divers mouvements contre la guerre. A mesure que les minutes s’égrenaient et que l’heure du match approchait, on s’attendait à les voir clore la réunion et rentrer chez eux. 17heures, 17h30… Et ils sont toujours assis autour de la table en chêne, organisant les marches pour la paix de la semaine à travers tout l’Etat et planifiant des « nuits cinéma » pour inciter les gens à parler de la guerre…Et surtout, organiser des activités pour la commémoration des cinq ans de l’invasion de l’Irak en mars. Quand nous avons demandé à ces activistes s’ils allaient regarder le Superbowl, ils ont répondu : « Nous avons d’autre priorités. » Nous étions rassurées de voir cet autre visage des Etats-Unis, des Américains qui réfléchissent au-delà des évènements hyper-médiatisés tel que le Super Tuesday et le SuperBowl.
03 février 2008 - Faits-divers et people à l'honneur
Par Pierre-Ludovic Viollat, envoyé spécial aux Etats-Unis
Enfin ! Le Super Tuesday est à l'honneur dans les journaux télévisés... Je mentirais si je disais qu'on n'en parlait pas du tout avant, mais j'ai tout de même été étonné pendant le week-end : malgré les primaires et le Superbowl, c'étaient les faits-divers qui remplissaient la plus grande partie des infos. Notamment les derniers déboires de Britney Spears, of course.
03 février 2008 - avant le Super Tuesday
Par Clément Massé, envoyé spécial à New York
Alors oui, même a l'immigration de l'aéroport JFK de New York, on ne parle que du Super Tuesday.
"Vous êtes journaliste? Et vous venez pour le Super Tuesday?", me lance l'officier. "Oui." "Et vous roulez pour qui en France." "Oh, je ne sais pas trop." "Vous pariez sur un affrontement entre qui et qui ?" Moi: "Obama-McCain. Mais j'ai la triste impression que Mitt Romney pourrait remporter la nomination républicaine. Et vous?" "Moi, mon candidat, c'est Mitt Romney." Et là forcement, un président mormon pour les Etats-Unis, ce n'est pas le plus enthousiasmant pour l'avenir de la planète...
Donc, on lâche un sourire un peu force, surtout que l'officier en rajoute une louche: "Ah on vous a vus pendant la guerre en Irak. Ah ça, ça ne vous a pas plu en France! Obama... Je n'y crois pas une seconde" "Mais j'ai parie 2 dollars sur Obama-McCain avec une victoire d'Obama." "Vous êtes fou, vous!" "Faut donner un peu d'espoir a ce pays, vous ne croyez pas?" "Si vous le dites! Allez Monsieur, bon séjour aux Etats-Unis d'Amérique."
02 février 2008 - avant le Super Tuesday
Par Léa Salamé, envoyée spéciale à New York
Arrivés à New York. "la ville debout", comme disait Celine, vit au rythme du superbowl et du Super Tuesday.Pas d'affiches, de posters comme dans le New Hampshire, mais les New-yorkais n'hésitent pas à porter le nom de leur candidat sur le revers de leurs manteaux. pin's et badges.
J'ai demandé au douanier de l'aéroport pour qui il allait voter. Sa réponse fut incertaine : "j'hésite encore entre Obama et McCain. j'aime les deux".
Comment hésiter entre deux hommes aux programmes totalement opposés?
C'est la personnalité des deux hommes qui doit le séduire. La personnalité va peser dans cette élection.
L'effet Obama y est pour beaucoup. La personnalité, c'est le point faible d'Hillary Clinton, qui a toujours beaucoup de mal à se faire aimer.
Côté démocrate, les Américains vont choisir entre celle qui les rassure et celui qui les fait rêver.




















Commentaires (2)
obama + lea
Moi Lea je ne parie pas comme toi. je parie sur une victoire d'Obama.
et je t'embrasse
Mathieu Calmon
go Barack GO
moi aussi j'adore Barack Obama, et je pense qu'il peut gagner. S'il emporte l'investiture demain, il battra McCain, c'est sur.
JAMES
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