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Gazprom veut couper le gaz à l'Ukraine

Dernière modification : 07/02/2008

Gazprom menace d'arrêter une partie de ses livraisons de gaz à l'Ukraine peu avant une visite du président ukrainien à Moscou. Les tensions entre le géant russe et l'Ukraine ont déjà donné lieu à plusieurs crises.

Le géant russe Gazprom a menacé jeudi d'arrêter une partie de ses livraisons de gaz à l'Ukraine en raison d'arriérés de dettes, peu avant une visite du président ukrainien à Moscou, mais a assuré que l'Occident ne serait pas affecté.
   
Si la situation sur la dette ukrainienne "n'est pas résolue avant lundi 11 février, Gazprom n'aura pas d'autre option commerciale que de mettre fin aux livraisons de gaz russe supplémentaire à l'Ukraine", a déclaré le groupe dans un communiqué.
   
L'Ukraine est généralement approvisionnée par Gazprom en gaz en provenance d'Asie centrale. Mais depuis le début de l'année, elle a également reçu du gaz russe puisé dans les réserves de Gazprom, à l'instar de la Turquie et la Grèce, en raison d'"un problème de livraisons insuffisantes de la part des pays tiers", rappelle le porte-parole du groupe, Sergueï Kouprianov, dans le communiqué.
   
Ce gaz russe supplémentaire, qui représente actuellement un quart de la totalité des livraisons en Ukraine, n'a pas été payé, a expliqué le groupe, qui estime à 1,5 milliard de dollars les arriérés de dette de Kiev. Les autres pays en revanche ont payé les livraisons, précise-t-il.
   
"Cela n'aura pas d'impact sur les volumes de gaz d'Asie centrale fournis via (le groupe intermédiaire) RosUkrEnergo au pays, que Gazprom continuera à fournir", selon le texte.
   
"De même, cette situation ne devrait pas avoir d'impact sur les livraisons de gaz de Gazprom à ses autres clients en Europe. Le groupe est en contact étroit avec ses partenaires européens et avec la Commission européenne, et continuera de les tenir informés de toute évolution", poursuit le texte.
   
A Bruxelles, le commissaire européen à l'Energie Andris Piebalgs a confirmé avoir reçu des assurances de Gazprom que l'approvisionnement de l'UE ne serait pas affecté, mais a appelé les deux parties "à trouver une solution à cette question commerciale aussi vite que possible". Le gouvernement italien a aussi fait savoir qu'il n'avait "aucune inquiétude" pour ses approvisionnements.
   
A Kiev, le Premier ministre pro-occidental Ioula Timochenko, dont les relations avec Moscou ont souvent été difficiles par le passé, s'est aussi montrée confiante.
   
"Toutes ces questions seront réglées. Aucun problème avec l'approvisionnement de l'Ukraine en gaz naturel n'aura lieu", a-t-elle déclaré citée par Interfax depuis la région d'Odessa (sud).
   
Les tensions russo-ukrainiennes sur le prix du gaz ont déjà donné lieu à plusieurs crises entre les deux pays et à une brève interruption des livraisons vers l'Europe en janvier 2006. Environ 80% du gaz russe consommé par les 27 pays membres de l'UE transite par l'Ukraine et 20% par le Bélarus, le tout acheminé par gazoducs.
   
Les menaces de Gazprom interviennent alors que le président ukrainien Viktor Iouchtchenko est attendu mardi à Moscou, sur fond de tensions entre les deux pays, en particulier à propos de l'intention de Kiev d'adhérer à L'Otan.
   
Mme Timochenko, qui doit également se rendre à Moscou le 21 février, a de son côté récemment annoncé qu'elle entendait "changer" la donne avec la Russie dans le domaine énergétique, en faisant davantage payer Moscou pour le transit de son gaz et en supprimant les intermédiaires comme RosUkrEnergo. Celle-ci est contrôlée à 50% par Gazprom et à 50% par deux hommes d'affaires ukrainiens et a souvent été mise en cause pour son opacité.

Première publication : 07/02/2008

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