08 février 2008 - 14H35

Kerviel en détention, un courtier interrogé
Un courtier de Fimat, une filiale de la Société générale, placé jeudi en garde à vue, doit être présenté aux juges ce samedi. Jérôme Kerviel est en détention provisoire à la prison de la Santé. (Sujet : France 2)

PARIS, 8 février (Reuters) - L'enquête sur la perte de 4,9
milliards d'euros de la Société générale a pris un
tour nouveau vendredi avec l'emprisonnement du trader Jérôme
Kerviel et la mise en garde à vue d'un autre protagoniste de
l'affaire, un courtier d'une société liée à la banque.
 

Après une audience à huis clos et plusieurs heures de
délibération, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de
Paris a infirmé la décision des juges d'instruction Renaud Van
Ryymbeke et Françoise Desset, qui avaient laissé Jérôme Kerviel
en liberté sous contrôle judiciaire le 28 janvier.
 

Ce dernier a été transféré à la prison de la Santé, à Paris.
 

La cour retient, comme le demandait le parquet, la nécessité
de protéger les "nombreuses investigations techniques à mener",
"d'éviter la concertation avec d'éventuels complices ou
co-auteurs", "les risques de pressions sur d'éventuels témoins"
et les risques de fuite à l'étranger.
 

L'avocate du trader, Me Elisabeth Meyer, qui était en
larmes, a annoncé qu'elle déposerait un pourvoi en cassation.
"Je ne m'explique pas cette décision. c'est maintenant le pot de
terre contre le pot de fer", a-t-elle dit à la presse.
 

Le porte-parole embauché par Jérôme Kerviel, Christophe
Reille, qui tentait d'organiser avant la décision une apparition
devant les caméras, n'a fait aucune déclaration.
 

 

SANCTIONS POUR DES "MENSONGES"
 

Me Jean Veil, avocat de la Société générale, a estimé que la
cour avait sanctionné ce qu'il considère être des mensonges de
Jérôme Kerviel. "L'éloignement entre ses déclarations et la
vérité a fait que la cour d'appel a été sensible à l'appel
formulé par le parquet", a dit l'avocat à la presse.
 

"Il a menti en arrosant autour de lui, en prétendant que sa
hiérarchie, en tout cas la plus proche, était au courant. (..)
Je pense que son placement en détention est une décision
cohérente avec l'évolution du dossier", a-t-il ajouté.
 

Mis en examen pour "faux, usage de faux, abus de confiance
et introduction dans un système de traitement automatisé de
données", Jérôme Kerviel a dit à la police et aux juges avoir
agi seul, tout en affirmant que sa hiérarchie était au courant
de ses pratiques d'engagement à risque.
 

Jérôme Kerviel reconnait avoir engagé la somme de 50
milliards d'euros et fait des faux pour cacher le fait qu'il
n'avait pas pris d'engagements parallèles pour couvrir le
risque, ce qui est la règle dans ce type d'opérations.
 

La liquidation de ces positions par la Société générale
entre le 21 et 23 janvier a matérialisé la perte de 4,9
milliards d'euros.
 

Par ailleurs, un employé de la société de courtage boursier
Newedge, ex-Fimat, a été placé en garde à vue jeudi, mesure
prolongée de 24 heures vendredi, a déclaré le parquet de Paris.
 

 

"RIEN D'ILLEGAL"
 

Cet homme, identifié de sources proches de l'affaire comme
s'appelant Moussa Bakir, semble être intervenu comme
intermédiaire dans les transactions litigieuses.
Jeudi, la brigade financière a perquisitionné les locaux à
Paris de l'ex-Fimat, importante société de courtage, à l'époque
des faits filiale à 100% de la Société générale <SOGN.PA>.
 

Cet organisme, situé sur les Champs-Elysées - devenu au
début de l'année Newedge après une fusion avec Calyon Financial,
filiale du Crédit agricole <CAGR.PA> - a assuré, comme c'est
l'usage dans ce type de transactions, la réalisation concrète de
certains des engagements financiers du trader sur des indices
boursiers, les "futures".
 

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de Newedge.
 

Les enquêteurs tentent de comprendre pourquoi la prise de
position sur 50 milliards d'euros de Jérôme Kerviel n'a pas été
détectée, à la Société générale et chez le courtier.
 

La Société générale a versé au dossier judiciaire des
éléments sur Fimat, notamment de nombreux messages informatiques
échangés par le courtier de Fimat et Jérôme Kerviel, qui
laissent penser qu'ils coopéraient, dit-on de source judiciaire.
 

Parmi ces échanges, un message du courtier à Jérôme Kerviel,
publié par le Monde, disait le 30 novembre : "tu n'as rien fait
d'illégal au sens de la loi".
 

La Société générale dit aussi s'étonner des factures de
téléphone portable de Jérôme Kerviel, plus de 1.000 euros
mensuels, somme jugée élevée alors que le trader bénéficiait de
téléphones professionnels.
 

Le suspect peut soit être libéré, soit être présenté aux
juges d'instruction samedi avec une possible mise en examen pour
"complicité d'abus de confiance".

Commentaires

scandale

c'est la conséquence de la soumission du judiciaire au politique ( le parquet représente le pouvoir) pour justifier la banque.

lol Pascale

qu'est ce que tu en sais ?

soutien a Jérome Kerviel

Jérome Kerviel sert de bouc et missaire afin de protéger les intouchables de la société générale, c'est écoeurant! il n'y a pas de raison qu'il paye pour les autres, encore une fois la justice de ce pays fait peine à voir!

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