KOSOVO
L'indépendance du Kosovo prévue le 17 février
Vendredi 08 février 2008
Le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, a indiqué vendredi que les dirigeants kosovars albanais proclameraient vraisemblablement l'indépendance de la province le 17 février. (Récit : L. Barcellini)
Vendredi 08 février 2008
La Serbie est devenue vendredi le premier pays à évoquer une date précise pour la déclaration d'indépendance du Kosovo, un ministre serbe indiquant que selon des "informations pertinentes", "l'indépendance unilatérale" sera proclamée "illégalement" le 17 février.
L'annonce est venue d'un des responsables serbes les plus farouchement opposés à l'indépendance: le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, un proche du Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica.
"Le gouvernement serbe reçoit de plus en plus d'informations pertinentes selon lesquelles Hashim Thaçi (le Premier ministre kosovar) proclamera illégalement l'indépendance unilatérale du Kosovo le 17 février", a déclaré M. Samardzic après un entretien à Belgrade avec Stephan Lehne, le conseiller de Javier Solana, Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère.
M. Samardzic a fait part de ses informations, dont il n'a pas précisé l'origine, alors que les dirigeants albanais du Kosovo ont indiqué à diverses reprises qu'ils proclameraient courant février l'indépendance de la province serbe administrée par l'ONU depuis 1999.
"C'est fait. Tout le monde le sait. Les autorités de Belgrade ne peuvent plus influer sur le processus vers la déclaration et la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo", a dit vendredi M. Thaçi, en affirmant que quelque 100 pays étaient déjà d'accord pour reconnaître la séparation avec la Serbie.
"Nous aurons une reconnaissance (internationale) forte et massive", a déclaré à Pristina l'ancien chef de la guérilla séparatiste albanaise du Kosovo.
Selon l'hypothèse la plus fréquemment évoquée, la proclamation d'indépendance devrait effectivement intervenir juste avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE le lundi 18 février.
Lors de cette réunion, les ministres devraient donner le signal du départ à une mission destinée à relever celle de l'ONU, qui administre le Kosovo depuis 1999.
La Serbie, soutenue par la Russie, a condamné cette mission, le Premier ministre serbe estimant que son prochain envoi, sans l'aval de l'ONU, interdisait à Belgrade de signer tout accord de rapprochement avec Bruxelles.
"Le chef du gouvernement (serbe) Vojislav Kostunica ne signera jamais un tel accord", a d'ailleurs souligné M. Samardzic, affirmant, comme l'a fait auparavant M. Kostunica, que cela reviendrait pour la Serbie à reconnaître l'indépendance du Kosovo.
Le problème du rapprochement avec l'UE, au moment où le Kosovo se dirige vers une indépendance sous supervision occidentale, a provoqué une crise en Serbie, le président pro-occidental Boris Tadic étant, contrairement à M. Kostunica, favorable à un accord avec l'UE, bien qu'hostile lui aussi à l'indépendance du Kosovo.
A Pristina, les préparatifs en vue de l'indépendance s'accélèrent, et les autorités mettent déjà la dernière main au programme de célébrations, la capitale kosovare s'attendant à un afflux de quelque 200.000 visiteurs.
Mais, pour parer à toute éventualité, la Mission de l'ONU au Kosovo (Minuk) a mis au point un plan d'évacuation de son personnel international au cas où la déclaration d'indépendance donnerait lieu à des violences, selon le quotidien kosovar Koha Ditore, généralement bien informé.
"Bien sûr, nous avons un plan d'urgence", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Minuk, Alexander Ivanko, sans confirmer toutefois les informations du journal.
Les quelque 100.000 Serbes restés au Kosovo après la guerre de 1998-1999, devraient rejeter l'indépendance, et le nord de la province, majoritairement serbe, pourrait faire sécession ou demander son rattachement à la Serbie.
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