Parti démocrate - Relance économique
Consensus politique autour du plan de relance de Bush
Mardi 12 février 2008
Le président américain ratifie mercredi la loi sur la relance de l'économie américaine. Concocté par l'administration Bush, ce plan fait l’objet d’une rare unanimité entre démocrates et républicains.
Mardi 12 février 2008
Par Julien Peyron / France 24La Chambre des représentants a voté à une écrasante majorité en faveur du plan de relance, quelques heures après son approbation par le Sénat. Pour l'occasion, un exceptionnel consensus s'est instauré entre démocrates et républicains.
Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, affirme que ce plan va « changer la direction économique du pays ».
La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a également appelé à voter en faveur de la loi. Elle a même justifié la procédure accélérée dont la loi a bénéficié : « Cela ne sert à rien de retarder son adoption. Plus tôt ce plan sera adopté, plus tôt les chèques arriveront dans les boites aux lettres ».
Un ralliement des démocrates dont s’est réjouit George Bush : « Je suis très content que le Congrès et l'administration aient travaillé étroitement ensemble pour faire adopter un paquet de mesures solides en faveur de la croissance, afin de faire face aux incertitudes ».
Contactés par FRANCE 24, Nicolas Bouzou, directeur de la société de prévisions économiques Asterès, et Christian Stoffaes, président du CEPII, saluent un plan de relance assez classique et plutôt bien proportionné. M. Bouzou ajoute : « Sa mise en place est rendue possible par la solidité de l’économie aux Etats-Unis. Si le déficit français ne flirtait pas avec les 3%, la France aurait tout intérêt à voter une telle loi ! ».
Christian Stoffaes ajoute : « Le consensus entre démocrate et républicain intervient à un moment bien précis. Le 4 novembre prochain, les Etats-Unis élisent leur nouveau président et renouvellent une partie du Congrès. L’économie étant devenue le principal enjeu de cette campagne, personne ne peut se permettre de bloquer un plan de relance pour des raisons partisanes ».
Le plan de relance ne rassure pas l'opinion
Les pronostiques rassurants des économistes semblent avoir peu d'impact sur l'opinion américaine qui affiche une grande morosité et craint une récession. 61% des américains pensent que leur économie est d'ores et déjà entrée dans une période de récession, selon un sondage Associated Press-Ipsos rendu public par l'agence lundi 4 fevrier. En décembre, un sondage publié par le magazine Fortune indique seuls 19 % des Américains pensaient de même.
Les consommateurs se sentent inquiet car les prix des produits de consommation courante ont augmenté alors que le chômage ne cesse de croître et que la crise de l'immobilier a fait fondre la valeur de leur logement.
« Ne laissez pas les grands titres pessimistes et les cours du marché vous effrayer. Dégustez un peu de Chardonnay ou de Bourbon et souvenez vous de notre histoire », écrit le mensuel Fortune dans un guide destiné aux consommateurs inquiets retraçant les différentes secousses financières à travers l'histoire.
« Ces plongées sont prévisibles […] et imprévisibles car on ne sais jamais quand elles vont frapper », écrit le journal, ajoutant que ces fluctuations « présentent des opportunité rares et essentielles pour acheter. » publiant les conseils pour « profiter de la turbulence du jour ».
S'il ne croit pas en une récession de l'économie américaine en 2008, Nicolas Bouzou reconnait cependant que le plan de George Bush ne peut régler tout seul la crise économique : « Ce plan c'est un petit peu comme un anti-inflammatoire, il limite les effets de la maladie et ne s'attaque pas à ses causes véritables. Mais c'est tout ce qu'il peut faire, George Bush n'a pas la possibilité d'agir sur la crise du crédit et de l'immobilier ».
Alors que les économistes ne croient pas en l'imminence d'une récession, notamment grâce au plan de soutien de Washington, la crainte est de voir le pessimisme des consommateurs tirer l'économie vers le bas. Les économistes craignent que les mesures prises ne précipitent l'Amérique dans l'inflation, ce que laisse entrevoir un rapport d'économistes rendu public lundi par la Maison Blanche.
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