- José Ramos-Horta - Timor oriental
La capitale du Timor oriental, Dili, s’est réveillée, mardi, dans une atmosphère d’état d’urgence. Le déploiement des forces de sécurité semblait plus renforcé aux points névralgiques au lendemain du double attentat contre le président José Ramos-Horta et son premier ministre Xanana Gusmao.
Signe d’inquiétude, les rues étaient moins encombrées que d’habitude, selon les correspondants de presse. En revanche, aucun changement notable n’était perceptible sur la vie économique. Les banques restaient ouvertes et la population faisait normalement ses courses dans les nombreux marchés de la ville.
Habituée au climat de tension, Dili a passé une première nuit sous couvre-feu. Réunions et rassemblements publics sont interdits sur l’ensemble du pays en vertu de l’état d’urgence. La mesure a été décidée par Vicente Guterres qui assure l’intérim de la présidence en l’absence de José Ramos-Horta, hospitalisé en Australie.
Lundi, le président José Ramos-Horta a été attaqué à son domicile alors qu’il revenait d’un jogging. Il a été atteint de « deux ou trois balles », selon des informations de presse non confirmées de source officielle. A une heure d’intervalle, le Premier ministre échappait miraculeusement à une embuscade.
Au lendemain des faits, l’incertitude demeurait sur la santé du chef de l’Etat et la période de son indisponibilité politique. Opéré pour la seconde fois dans la nuit de lundi à mardi, José Ramos-Horta devrait subir une troisième intervention. Le médecin en chef du Royal Darwin Hospital, en Australie où il a été transféré, juge son état « extrêmement grave ».
C’est la première fois depuis son indépendance en 2002 que Timor oriental est confronté à une tentative de liquidation des deux têtes de l’exécutif. Aucune ouverture d’enquête n’a encore été officiellement annoncée par les autorités. Les circonstances exactes des deux attaques n’étaient toujours pas précisées mardi.
Depuis Lisbonne où il est en visite officielle, le président du Parlement, Fernando « La Sama » de Araujo a parlé de coup de force contre le pouvoir issu des élections du printemps dernier. C’est une « tentative de coup d’Etat », a-t-il estimé sans en dire plus.
Figure emblématique du combat de Timor oriental pour l’indépendance, prix Nobel de la paix en 1996, ancien Premier ministre, José Ramos-Horta est, depuis mai dernier, à la tête d’un pays en mal de stabilité.
En butte à des violences à répétition depuis deux ans, le Timor oriental est incapable de mettre le cap sur la stabilité. Exposées à des fractures régionales, l’armée et les services de sécurité vivent au rythme d’une agitation à la limite de la sédition.
En 2006, quelque 600 soldats avaient démissionné de l’armée est-timoraise, se plaignant des discriminations dont ils faisaient l’objet, provoquant une vague de violence.
Quelque trois milliers de policiers et de militaires de l’Onu sont déployés pour assurer la sécurité du pays. La « voisine » Australie, qui assure l’essentiel du contingent, a décidé de dépêcher un renfort de 300 hommes supplémentaires.













