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Une féministe musulmane soutient la loi sur le voile

Dernière modification : 27/02/2008

Irshad Manji, une féministe musulmane un brin provocatrice, soutient la loi française de 2004 qui interdit le voile à l’école publique. Mais elle critique l’Europe occidentale pour son attitude de "ségrégation multiculturelle".

 

FRANCE 24: Dans votre livre Musulmane mais libre, vous faites l’éloge de la tolérance dans les écoles canadiennes, dans lesquelles vous êtes allée. En 2004, le Parlement français a été accusé d’intolérance lorsqu’il a décidé d’interdire le port du voile à l’école publique. Est-ce que vous soutenez cette décision ?

 

Irshad Manji : Lorsque j’ai entendu parler de la proposition de la France d’interdire le voile à l’école publique, ma première réaction a été : "ceci n’est pas juste". J’estimais que la liberté des femmes de choisir entre le fait de porter ou non le voile leur était retiré. Et je me suis demandée comment il était possible que ceci soit voté dans une société démocratique. Mais depuis, j’ai changé d’avis.

 

Une semaine avant le vote de la loi, un institut de sondage a interrogé les femmes françaises sur cette décision d’interdire le voile. A la surprise générale, une majorité de femmes musulmanes soutenait le gouvernement. Pourquoi ? Les réponses étaient les mêmes : ce n’était pas par opposition au Coran ni à l’islam, mais parce qu’elles étaient contre la violence, l’intimidation et le harcèlement qu’elles subissent de la part des hommes lorsqu’elles ne portent pas le voile. En d’autres termes, ce n’était pas leur choix de porter le voile. Cela leur était imposé. J’ai alors réalisé que cette liberté dont je jouissais chez moi de porter ou non le voile, elles ne l’avaient pas.

 

Je soutiens donc cette loi un peu maladroite sur le voile, car elle n’interdit pas le hijab dans tous les lieux publics. Vous pouvez toujours mener votre vie quotidienne en le portant au parc, à la maison, en faisant vos courses. C’est seulement dans les écoles publiques qu’il faut le retirer. C’est un équilibre de désigner un endroit, un seul, où les femmes musulmanes ne peuvent pas porter le voile. Cet équilibre permet, in fine, à des filles musulmanes de se faire leur propre idée sur leur volonté ou non de porter le voile.

 

 

FRANCE 24 : Mais est-ce que l’islam n’oblige pas les femmes à porter le hijab ?

 

I.M. : Certains insistent sur le fait que les femmes portent le voile, mais la vérité est que le voile ne vient pas de la religion, mais des coutumes tribales antérieures à l’islam. Le Coran demande aux femmes et aux hommes de s’habiller modestement – par exemple porter des manches longues, comme je le fais aujourd’hui. C’est la culture et non la religion qui dicte à la femme l’obligation de porter le hijab. Et les cultures ne sont pas façonnées par Dieu mais par les hommes. Il n’y a pas d’hérésie à essayer de retravailler certains aspects culturels qui sapent la liberté au sein d’une religion.

 

 

FRANCE 24 : Les critiques françaises vis-à-vis du multiculturalisme nord-américain estiment que cela n’encourage pas l’intégration mais au contraire encourage les ghettos communautaires. Quelle est votre position ?

 

I.M. : Le multiculturalisme en Amérique du Nord est très différent de celui pratiqué en Europe. Dans la plupart des régions d’Amérique du Nord, la diversité, autrement dit le multiculturalisme, est une source de mixité, une occasion de rencontrer l’autre. Mais dans la plupart des pays européens - mais pas dans tous - le multiculturalisme est vu comme une excuse pour pratiquer la ségrégation et l’isolement.

 

Je remets toujours mon raisonnement dans le contexte des libertés qu’offre le Coran. Le Coran nous dit que si Dieu avait agit selon son bon plaisir, il aurait créé un seul peuple, mais il ne l’a pas fait pour nous juger selon ce qu’il nous a donné. Dieu nous a fait différents, de telle sorte que nous puissions briser la glace, apprendre à nous connaître, et nous grandir de nos différences. Si c’est interprétation est bonne, le multiculturalisme à l’américaine est plus conforme aux standards musulmans que celui pratiqué en Europe de l’Ouest. Et l’ironie dans l’histoire, c’est que le multiculturalisme pratiqué en Europe de l’Ouest, un multiculturalisme de ségrégation, est défendu bec et ongles par les musulmans, qui préfèrent bien trop souvent les ghettos.

 

 

FRANCE 24 : Mais les ghettos ne sont-ils pas un phénomène nord-américain plutôt qu’européen ?

 

I.M. : En aucun cas je ne souhaite faire abstraction des ghettos dans les régions pauvres des Etats-Unis et du Canada. Allez au quartier Eastside de Vancouver, et vous verrez un coin très délabré, où seuls vivent des Aborigènes – et ils vivent très mal.

 

Ceci dit, une étude complète sur les musulmans américains, menée par le Pew Research Center, basé aux Etats-Unis, montre que les trois-quarts des musulmans américains disent apprécier les communautés aux Etats-Unis. Les personnes sondées avaient noué des amitiés solides – pas seulement des amitiés - avec des non-musulmans. Et ils disent n’avoir jamais été victime d’un acte de discrimination sur le sol américain. Et nous parlons ici d’un sondage touchant plus de 75 % des musulmans américains. Je mets au défi quiconque de m’avancer de tels chiffres pour les musulmans vivant dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest.

Première publication : 12/02/2008

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