- Bertrand Delanoë - France - Immigration - Paris
Avec 1 % de l’électorat parisien, les étrangers susceptibles de voter les 9 et 16 mars ne feront pas pencher la balance des résultats municipaux. Mais pour ces électeurs, les municipales représentent le seul moyen de participer à la vie politique de leur terre d’adoption.
Fernanda Marrucchelli est une Italienne établie depuis vingt ans en France. Conseillère municipale du XXe arrondissement, elle est la seule élue parisienne sortante à ne pas posséder la nationalité française.
"Je ne suis pas l’étrangère de service, je suis une citoyenne à part entière qui fait de la politique", explique cette militante qui a appartenu à la direction nationale du Parti communiste français. A la mairie du XXe arrondissement, elle a pris la responsabilité des questions de déplacements et d’environnement, pas de celles qui concernent les étrangers.
Le droit de vote des étrangers occupe pourtant largement son esprit. Contrairement à elle, sa fille vient de demander la nationalité française. Marrucchelli voudrait avoir les mêmes droits qu’elle, même si elle n’a pas fait ce choix. "Une personne doit être citoyenne là où elle est, quelle que soit sa nationalité", affirme-t-elle.
Aujourd’hui, elle se représente en tête de la liste formée par les collectifs anti-libéraux (extrême gauche) pour défendre notamment cette revendication, y compris pour les non-Européens.
Eligibles certes, mais pas au poste de maire
En France, conformément au droit européen, les ressortissants des 26 autres Etats membres de l’Union peuvent voter et être élus lors des élections municipales et européennes. Cependant, les conseillers municipaux étrangers ne peuvent ni être maires ou adjoints ni élire les sénateurs comme leurs colistiers français.
Les autres élections, notamment nationales, restent fermées à tous les étrangers. "Je suis un peu exclu du système électoral", estime Jürgen Nefzger (photo), un Allemand installé en France depuis 1990 et auteur d’un livre de photos sur son pays d'adoption intitulé Hexagone. "C’est lorsqu’on en est privé qu’on se rend compte que les élections sont importantes", ajoute-t-il.
L’Allemagne n’autorisant pas la double nationalité, il ne peut pas devenir Français sans perdre ses racines. Il vote donc aux élections allemandes à distance, et aux municipales et européennes en France depuis leur ouverture aux Européens en 2001.
En attendant de pouvoir peut-être voter un jour pour un président ou un député français, Jürgen Nefzger espère participer cette année à la réélection du maire de Paris, Bertrand Delanoë.

























Commentaires (1)
Elections en France.
Je suis contre tout vote des étrangers à Paris ou ailleurs en France; Le fait de payer des impôts n'y change rien.
A
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