14 février 2008 - 08H45

La France a officiellement ratifié le traité de Lisbonne
Le traité européen de Lisbonne a été officiellement ratifié par la France jeudi. La ratification a été publiée au Journal officiel avec la signature du président Nicolas Sarkozy.

Le traité de Lisbonne, dont le décret de ratification par la France est paru jeudi au Journal Officiel, reprend de nombreuses innovations du projet de Constitution européenne pour faciliter la prise de décisions dans l'UE, mais il a été spécialement rédigé pour éviter les référendums.
   

   
TRAITE, PAS CONSTITUTION
   
Alors que la Constitution remplaçait tous les traités par un texte unique, le nouveau traité amende les deux traités "fondateurs" (traité de Rome de 1957, traité de Maastricht en 1992), comme à Amsterdam (1996) et Nice (2000).
   
Sont éliminés les termes pouvant assimiler l'UE à un Etat fédéral, comme "Constitution" ou les symboles (drapeau, hymne, devise) même si ces derniers persistent. Dans une déclaration jointe au traité, 16 pays ont affirmé leur attachement à ces symboles.
   

   
NOUVEAUX DROITS POUR LES CITOYENS
   
Le traité rend contraignante la Charte des droits fondamentaux, 54 articles sur les droits du citoyen (liberté, égalité, droits économiques et sociaux). Contrairement à la Constitution, il ne la reprend pas in extenso.
   
Un million de citoyens peuvent "inviter" la Commission européenne à "soumettre" une proposition législative.
   

   
INSTITUTIONS REMANIEES
   
Comme la Constitution, le traité instaure, au lieu d'une présidence tournante semestrielle, un président permanent du Conseil européen (qui rassemble les dirigeants européens) désigné par cette instance pour deux ans et demi. La rotation continuera pour la présidence des conseils des ministres autres que les Affaires étrangères et l'Eurogroupe.
   
Ce président, qui devrait être choisi fin 2008, devra représenter l'UE sans empiéter sur les pouvoirs renforcés du "Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et la sécurité".
   
Ce dernier, actuellement Javier Solana, cumulera les fonctions de vice-président de la Commission européenne et coordonnera toute l'action extérieure de l'UE.
   
La Commission, qui fait les propositions législatives, comptera à partir de 2014 un nombre de commissaires égal à deux-tiers des Etats. Actuellement, chaque Etat a "son" commissaire.
   
Les Parlements nationaux pourront demander à la Commission de revoir une proposition si elle empiète sur leurs compétences.
   

   
DECISIONS UN PEU FACILITEES
   
Le champ des décisions prises à la majorité qualifiée est étendu à une quarantaine de domaines, principalement la coopération judiciaire et policière.
   
Britanniques et Irlandais ont obtenu de pouvoir appliquer les décisions dans ces domaines lorsqu'ils le veulent, mais ne pourront pas freiner les autres.
   
L'unanimité demeure la règle pour politique étrangère, fiscalité, politique sociale ou révision des traités.
   

   
NOUVEAU SYSTEME DE VOTES
   
Une décision à la majorité qualifiée sera prise si elle obtient le soutien de 55% des Etats représentant 65% de la population de l'UE. Mais l'application de ce système a été différée à 2014, voire 2017 après un compromis avec la Pologne.
   

   
NOUVELLES POLITIQUES
   
Le traité introduit de nouveaux objectifs comme une politique commune de l'énergie et la lutte contre le réchauffement. Il reconnaît l'importance des services publics et introduit une "clause sociale".
   
La "concurrence non faussée", phrase polémique en France pendant la campagne référendaire de 2005, n'est plus un objectif mais un moyen nécessaire au bon fonctionnement du marché intérieur.
   

   
CLAUSE DE SORTIE
   
Le traité introduit la possibilité pour un pays de quitter l'Union dans des conditions à négocier avec ses partenaires.
 

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