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Poutine "prêt" à devenir Premier ministre

Dernière modification : 15/02/2008

"Je suis prêt à travailler comme chef du gouvernement", a déclaré Vladimir Poutine. Il présente l'élection le 2 mars prochain de son dauphin Dmitri Medvedev comme une formalité. (Récit : J. Knock)

Le président russe Vladimir Poutine a confirmé jeudi qu'il deviendrait Premier ministre, une fois parti du Kremlin en mai, et qu'il jouirait de puissantes prérogatives face au futur chef de l'Etat Dmitri Medvedev.
   
"L'heure n'est pas aux pleurs, il faut se réjouir de la possibilité de travailler à un autre poste, de servir son pays à un autre titre", a-t-il dit devant un millier de journalistes lors de sa dernière conférence de presse annuelle.
   
Pulvérisant son précédent record (trois heures et demie), Vladimir Poutine a répondu pendant quatre heures 40 à une rafale de questions, une centaine au total, sur sa relation au pouvoir, son bilan ou plus anecdotique, son programme pour la Saint-Valentin.
   
"Je suis prêt à travailler comme chef du gouvernement", a-t-il déclaré, en présentant comme une formalité l'élection le 2 mars prochain de son dauphin Dmitri Medvedev, qu'il a présenté à plusieurs reprises sans ambages comme le futur président.
   
Dmitri Medvedev, un juriste de 42 ans qui a suivi M. Poutine de la mairie de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) au Kremlin et lui doit tout, avait proposé en décembre à son mentor de devenir Premier ministre s'il est élu.
   
M. Poutine avait alors indiqué qu'il accepterait mais n'était plus revenu sur cette question alors que beaucoup d'analystes se demandent comment il peut devenir le subordonné du futur président, après avoir été pendant huit ans l'homme le plus puissant de Russie.
   
Tout en assurant ne pas avoir de "dépendance au pouvoir", il a apporté un début de réponse en suggérant qu'il n'avait pas l'intention de jouer les seconds rôles et qu'il pourrait rester Premier ministre "aussi longtemps que Dmitri Medvedev sera président", soit jusqu'en 2012, voire 2016.
   
"Le pouvoir exécutif suprême dans le pays, c'est le gouvernement russe et le chef du gouvernement", a-t-il affirmé, en notant qu'il était doté de larges prérogatives, du "budget (..) à la défense ou la politique économique internationale".
   
Inversant les rôles, il a noté s'être déjà "fixé des objectifs à ce poste" en présentant vendredi un programme pour la Russie jusqu'en 2020. Et petite incidente, il a suggéré qu'il n'accrocherait pas le portrait de Dmitri Medvedev dans son bureau.
   
En 2012, il aura alors tout loisir de se représenter - après une pause imposée par la Constitution - et de rempiler pour deux mandats...jusqu'en 2020. Il n'a toutefois rien dit de ses intentions à cette échéance.
   
Comme son entourage le suggère, Vladimir Poutine, fort de sa popularité et de son autorité actuelles, aura suffisamment d'ascendant sur son successeur. Il va donc continuer à diriger le pays au côté de Dmitri Medvedev, qui deva composer avec cet encombrant Premier ministre.
   
Si un certain nombre d'analystes anticipent des risques de tiraillement, le président étant aussi doté de puissants pouvoirs, Vladimir Poutine a assuré qu'ils se connaissaient bien et que leurs relations seraient "harmonieuses".
   
"Au final, le dernier mot revient au chef de l'Etat. Mais, j'ai bien sûr le droit de donner mon point de vue", a-t-il tempéré.
   
Dressant un bilan flatteur de sa présidence, il a expliqué "avoir ramé jour et nuit comme un galérien" pour son pays mais être "content de son travail". "Nous avons une situation stable, économiquement et politiquement", a-t-il résumé, ce que l'opinion russe sans aucun doute porte à son crédit après le chaos des années Eltsine.
   
Il a aussi assuré rester humble face au pouvoir. "Dieu m'a donné le bonheur de travailler pour mon pays (...) Il faut être reconnaissant pour ça", a lancé M. Poutine dont la présidence a été marquée par un spectaculaire rapprochement entre l'Etat et l'Eglise orthodoxe.
   
Interrogé sur ses relations avec l'Occident, le président sortant a de nouveau joué sa partition favorite, le "refus des ultimatum" et des leçons de morale, et réaffirmé que la Russie riposterait à toute poussée de l'Otan à ses frontières, notamment en Ukraine.
 

Première publication : 14/02/2008

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